Van Gogh / Artaud. Le suicidé de la société.

  • par C.EM
  • avril 17, 2014

Au musée d’Orsay
Du 11 mars au 6 juillet 2014

Ou l’art parisien de l’écran de fumée…

Il faut faire la queue dehors sur l’esplanade du musée d’Orsay balayée par les vents ; et il faudra refaire la queue une fois à l’intérieur pour accéder à l’exposition. Dommage, vous n’avez pas acheté votre billet en ligne pour voir l’exposition tel jour, à telle heure…! Vous ferez alors partie de ceux qui seront comptabilisés et questionnés ; « ça ne vous dérange pas, hein, de remettre ce papier au gardien à la sortie de l’exposition » ?! Et là vous serez chronométré…

Tout ça pour quoi au juste ? Ah oui, Van Gogh/Artaud. Le suicidé de la société. L’exposition s’ouvre sur un montage sonore « Pour en finir avec le jugement de dieu » (22-29 novembre 1947, radio enregistrement), la première salle est consacrée à Antonin Artaud, avec un portrait d’Antonin Artaud par Man Ray, suivent deux salles consacrées à Vincent Van Gogh, puis une dernière salle consacrée aux dessins d’Antonin Artaud (et également Antonin Artaud, comédien, 20 extraits de films).
Je croyais aller voir un parallèle, un dialogue, une confrontation entre deux univers de « deux monstres sacrés ».
Mais le musée d’Orsay ne met justement pas face à face ces « deux artistes maudits ». Je commence « à maudire » cette exposition qui n’est qu’une énième exposition Vincent Van Gogh.
Antonin Artaud, « Van Gogh le suicidé de la société »,
p42 : « Une exposition des tableaux de Van Gogh est toujours une date dans l’histoire,
non dans l’histoire des choses peintes, mais dans l’histoire historique tout court. »

D’ailleurs le public qui est là, lui, ne s’est pas trompé, il y a foule dans les deux salles Van Gogh.

Et Antonin Artaud, alors ? Seul contre tous ?

Je cherche encore les écrits dans cette exposition…

« Paule aux ferrets » 24 mai 1947, dessin d’Antonin Artaud
« Paule aux ferrets » 24 mai 1947, dessin d’Antonin Artaud, musée d'Orsay, Paris

Antonin Artaud, « Van Gogh le suicidé de la société »
Introduction : Antonin Artaud, « Ce dessin représente l’effort que je tente en ce moment pour refaire corps avec l’os des musiques de l’âme » Rodez, septembre 1945. Ces signes jetés sur la page, Artaud les nomme des « notes », au double sens scriptural et musical du terme…

P33 : « Quant à la main cuite, c’est de l’héroïsme pur et simple,
quant à l’oreille coupée, c’est de la logique directe,
et je le répète,
un monde qui, jour et nuit, et de plus en plus, mange l’immangeable,
pour amener sa mauvaise volonté à ses fins,
n’a, sur ce point,
qu’à la boucler. »

P37, Post-Scriptum : « Car c’est la logique anatomique de l’homme moderne, de n’avoir jamais pu vivre, ni penser vivre, qu’en possédé. »

Antonin Artaud, « Le Théâtre de la Cruauté », mars 1946 (Centre Pompidou)

Antonin Artaud, « Le Théâtre de la Cruauté », mars 1946 (Centre Pompidou), musée d'Orsay, Paris

P41 : « La peinture linéaire pure me rendait fou depuis longtemps lorsque j’ai rencontré Van Gogh qui peignait, non pas des lignes ou des formes, mais des choses de la nature inerte comme en pleines convulsions.
Et inertes. »

P43 : « Van Gogh a tiré ces espèces de chants d’orgue, ces feux d’artifice, ces épiphanies atmosphériques, ce « Grand Œuvre » enfin d’une sempiternelle et intempestive transmutation. »

Antonin Artaud, « Sans Titre », janvier 1948 (Centre Pompidou)
Antonin Artaud, « Sans Titre », janvier 1948 (Centre Pompidou), musée d'Orsay, Paris

P47 : «  Je crois que Gauguin pensait que l’artiste doit rechercher le symbole, le mythe, agrandir les choses de la vie jusqu’au mythe,
alors que Van Gogh pensait qu’il faut savoir déduire le mythe des choses les plus terre-à-terre de la vie.
En quoi je pense, moi, qu’il avait foutrement raison.
Car la réalité est terriblement supérieure à toute histoire, à toute fable, à toute divinité, à toute surréalité.
Il suffit d’avoir le génie de savoir l’interpréter.
Ce qu’aucun peintre avant le pauvre Van Gogh n’avait fait,… »

P60 : « Nul n’a jamais écrit ou peint, sculpté, modelé, construit, inventé, que pour sortir en fait de l’enfer. »

Antonin Artaud, autoportrait, Rodez, 11 mai 1946 (Centre Pompidou)
Antonin Artaud, autoportrait, Rodez, 11 mai 1946 (Centre Pompidou), musée d'Orsay, Paris

P71 : « …preuve que Van Gogh a pensé ses toiles comme un peintre, certes, et uniquement comme un peintre, mais qui serait,
par le fait même,
un formidable musicien. »

p87 : « Un fou, Van Gogh ?…
L’œil de Van Gogh est d’un grand génie, mais à la façon dont je le vois me disséquer moi-même du fond de la toile où il a surgi, ce n’est plus le génie d’un peintre que je sens en ce moment vivre en lui, mais celui d’un certain philosophe par moi jamais rencontré dans la vie. »

Introduction des « Lettres à son frère Théo » :
La question est posée : « …Mais que veux tu ? »
Derniers mots de la dernière lettre de Vincent à Théo : « Eh bien ! Mon travail à moi, j’y risque ma vie et ma raison y a fondré à moitié… »

Autoportrait de Vincent Van Gogh, Washington, The National Gallery of Art
Saint-Rémy de Provence, août 1889
Collection of Mr. and Mrs. John Hay Whitney (1998.74.5)
Vincent van Gogh (Dutch, 1853 - 1890 ), Self-Portrait, 1889, oil on canvas, Collection of Mr. and Mrs. John Hay Whitney

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BERTRAND BURGALAT + AS DRAGON

  • par C.EM
  • avril 15, 2014

1ère partie : + LA FELINE (solo) + ALICE LEWIS
Paris, La Maroquinerie – samedi 12 avril 2014

Bertrand Burgalat, La Maroquinerie, Paris, 12 avril 2014

Je vous invite à regarder la boucle de ceinture en strass, il y a écrit … « BERT » !
Bertrand Burgalat, La Maroquinerie, Paris, 12 avril 2014

Bertrand Burgalat, La Maroquinerie, Paris, 12 avril 2014
Allez voir Bertrand Burgalat et les AS Dragon sur scène, c’est chic, aristocratique, snob ?!
J’assume ! Il faut dire qu’ils ont une liberté et une symbiose, chanteur et musiciens, ça balance, et « Follow Me » reprise d’Amanda Lear, lui va si bien à Bertrand.
Voilà, Bertrand Burgalat, c’est cash et classe, parisien et français, cultivé et avant-gardiste, hors normes en tout cas.
Il commence son concert par un « Bonsoir les amis » et enchaîne les titres, « Nous étions heureux » (nous ne le savions pas !), « Good bye my Love », « Survêt vert et mauve » (fluo !), « La rose de Sang », « By Hemingway », le tout entrecoupé de « On arrive ! » problème de synchro avec les musiciens! Ou de « Pas d’allergie aux plumes ?! Tout va bien » (ceux qui étaient au concert comprendrons!) et de « On va le faire méchant maintenant ! » pour les deux derniers titres « Follow Me » et « Bardot’s Dance »… Bertrand Burgalat comme un boxeur cool, donne le tempo et le mot, électro, rock, jazzy. Il finit son concert avec des combo, Bertrand Burgalat + Alice Lewis « La nuit », Bertrand Burgalat + La Féline et Bertrand Burgalat + Fathi.
Il aurait bien continué plus longtemps, de toute façon il ne fait pas de rappel ! Mais la loi sonne le glas, 23h10 c’est finit…

Bertrand Burgalat + Alice Lewis, La Maroquinerie, Paris, 12 avril 2014Bertrand Burgalat + Alice Lewis

Bertrand Burgalat + La Féline, La Maroquinerie, Paris, 12 avril 2014Bertrand Burgalat + La Féline

Bertrand Burgalat + Fathi, La Maroquinerie, Paris, 12 avril 2014Bertrand Burgalat + Fathi

Bertrand Burgalat a fondé son Label Tricatel en 1995, son premier album solo est « The Ssssound of music », son dernier album « Toutes Directions » 2012. Il a travaillé avec Einstürzende Neubauten, ou encore avec Samy Birnbach (de Minimal Compact). Il a signé également de nombreux remixes dont des titres de Depeche Mode, Jamiroquai ou Air, et des musiques de films.

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Interview mit Kangding Ray

  • par C.EM
  • avril 4, 2014

Paris, den 5.Februar 2014 (über Skype)
Anlässlich der Veröffentlichung seines neuen Album « Solens Arc », können Sie ein Interview von David Letellier a.k.a. Kangding Ray entdecken.

Mit « Amber Decay » der ersten Single aus Ihrem neuen Album « Solens Arc » zitieren Sie Noam Chomsky : « It only makes sense to seek out and identify structures of authority, hierarchy and domination in every aspect of life, and to challenge them ; unless a justification for them can be given, they are illegitimate, and should be dismantled, to increase the scope of human freedom. »
(« Chomsky on Anarchism » (AK presse), PARTIE 7: « Anarchism, Marxism, and hope for the future » (1995))

C : Was haben Sie dazu sich gebracht für die Arbeiten von Noam Chomsky zu interessieren ?

KR : Ich habe mich nicht von Noam Chomsky inspirieren lassen um das Stück zu machen, dieser Verweis ist einfach später gekommen, um den Sinn des Videos zu illustrieren. Das Video handelt vom Thema der Ästhetik, der Ordnung und zeigt wie Unterdrückungssystemen die Schönheit von Serialität produzieren können. Es gibt zwei Leseniveaus: das ästhetische Niveau welches die geometrische Abstraktion von Körpern in perfekt synchronisierter Bewegung ist, und das versteckte Niveau, das eigentlich die politische Unterdrückung ist. Die Bilder sind aus dem Arirang entnommen: einer riesigen Vorstellung von synchronisiertem Tanz und Gymnastik die jedes Jahr in Nord-Korea stattfindet. Aber das Video ist keine spezifische Kritik des nordkoreanischen politischen Systems, es hat eine breitere Bedeutung, die man auf alle Kontrollsysteme der Massen anwenden kann, gleich ob diese politisch oder medial sind.

C : Ich habe den Eindruck dass die USA eine Quelle der Inspiration sind (das ist in Ihrem Werk präsent), ich denke zum Beispiel an « Pruitt Igoe »?

KR : Der Zufall will, dass « Pruitt Igoe »in den USA war, aber die Ideen des architektonische Modernismus, dessen Ende er gekennzeichnet hat, sind überall in der Welt erprobt worden.
Die Tatsache, dass dieses Projekt in den USA verwirklicht wurde, war vielleicht eine Art Katalysator, um ein noch spektakuläreres Ende zu schaffen, und vor allem ein viel heftigeres. Aber auch hier kann man einen globaleren Ausdruck finden, eine Parallele zwischen der theoretischen Schönheit der modernistischen Ideale und dem faschistischen und totalitären Charakter, den diese Bewegung manchmal getragen hat.

« Pruitt Igoe » war eine sehr große Einheit von Sozialwohnungen, eine in Saint-Louis, Missouri, gebaute neue Stadt, als eine ideale Stadt nach dem Vorgaben des Modernismus von Le Corbusier, wie viele andere Grobprojekte nach dem Krieg. Das Projekt wurde von dem Architekten Yamasaki entwickelt, der später das World Trade Center baute, dessen die spektakuläres Ende man kennt. Die Grundidee war sehr positiv und optimistisch, mit vielen Gemeinschaftsräumen und Grünflächen, und einer großen sozialen und Rassenmischung.

Kurz nach der Eröffnung, wurde der Ort eine Hölle, die Kriminalität stieg schwindelerregend an , die Gemeinschaftsflächen wurden unbrauchbar und gefährlich, und nach ein paar Jahren, waren alle weißen Mieter geflohen. Die Stadt wurde schließlich in den frühen 70er Jahren abgerissen, als die meisten Gebäude schon seit Jahren verlassen waren. Man kann die unglaublichen Bilder dieser leeren Gebäude in dem Film “Koyaanisqatsi” von Godfrey Reggio sehen.
Der schnelle und heftige Verfall dieses Projektes wurde dann als das Ende der modernen Epoche in der Architektur und als das Signal für den Anfang der post-modernen Ära gesehen.

C : Dass jeder seinen Platz mit gleichen Rechten und Pflichten findet, das ist eine Utopie, oder ?

KR : Ich bin nicht sicher, ob Noam Chomsky genau dies ausdrucken will, ich bin kein Spezialist für Chomsky und ich kenne nicht sein gesamtes Werk aber er interessiert mich besonders für seine Äußerungen zum Anarchismus, der freiwilligen Unterwerfung und der künstlichen Schaffung einer Autorität durch die Einrichtung eines kontrollierten “Star-Systems”.
Um auf Ihre Frage zurückzukommen, jede Utopie ist meiner Meinung nach gut, und die Tatsache, dass eine Idee zu gut ist um realisierbar zu sein, macht sie noch stärker. Die Ideen, die es sich lohnt zu verfolgen, sind meistens die Ideen, die noch nicht realisiert sind, und vor allem diejenigen, die als nicht realisierbar betrachtet werden.

C : Haben Sie Ihren Platz oder mindestens ein Gleichgewicht gefunden, und vielleicht haben Sie diese Gleichheit Ihrer Rechte und Ihrer Verantwortung in Deutschland leichter gefunden als in Frankreich?

KR : Ich mache keine Apologie des deutschen Systems, es hat seine Stärken und Schwächen, und übrigens kann man die Situation in Berlin nicht für ganz Deutschland verallgemeinern, die meisten Leute sind sich darüber einig dass Berlin nicht wirklich Deutschland ist. Ich habe mein Gleichgewicht in dieser Stadt gefunden, der Rhythmus und der Lebensstil passen zu mir. Die Situation als Ausländer ist ziemlich bequem, da man nicht reagieren muss und nicht ständig jeder täglichen Polemik Position beziehen muss, , man kann sich als “Outsider” platzieren, und sich Zeit nehmen und die Situation aus der Weite abschätzen. Hier können die Sachen etwas langsamer sein, etwas provinzieller und vor allem weniger angespannt, weniger konzentriert auf das Tagesgeschehen.

C : Es gibt viele französische Künstler in Berlin.

KR : Ja und es gibt viele Gründe dafür, ich glaube nicht, dass die politischen Gründe hauptsächlich sind.

C : In Berlin gibt es eine Freiheit und eine Leichtigkeit für das künstlerische Schaffen.

KR : Das ist sicher. Aber man muss doch klar sagen, dass es vor allem wirtschaftliche Gründe sind, die diesen Kontext schaffen. Es ist die Leichtigkeit in Berlin Räume zu finden, Wohnungen zu finden und mit wenig zu leben, die es erlaubt, dass man länger ein Künstlerleben leben kann, als anderswo. Man ist weniger mit dem Überleben beschäftigt. Und das ist der große Unterschied.

C : Ist für Sie die soziale und politische Funktion der Musik wichtig ?

KR : Ja unbedingt, das ist sogar ausschlaggebend. Aber über die Musik als künstlerische Praxis, sind die Zusammenhänge, in denen hinaus sie gespielt, vorgestellt und getanzt wird wichtig. Die Orte des Zusammenfindens und insbesondere die Clubs der elektronischen Musik, schaffen autonome, temporäre Zonen mit ihren eigenen Regeln, die für eine bestimmte Zeit erlauben von den äußerlichen öffentlichen Räumen zu abstrahieren, die immer kontrollierter, videoüberwachter und privatisierter zu sein scheinen.

C : Das findet in den Clubs besonders statt.

KR : Der Club ist einer der letzten Räume der wirklichen Freiheit, in dem die Privatisierung, die Videoüberwachung und die soziale Eigenüberwachung nicht mehr so fasst. Das Beispiel des « Berghain » in Berlin, wo fast alles erlaubt ist , außer Fotos zu machen, beweist dass die wahre Freiheit ist zu tun was Sie wollen unter Achtung der Anderen, ohne automatisch gefilmt, fotografiert und auf Facebook gepostet zu werden. Draußen wird die kleinste Abweichung gefilmt, kommentiert, On-line gelegt und dann auf Basis, von steriler und wütender Kommentare diskutiert.
Der Glas-Kasten, den man gerade schafft, wird nicht zu einer größeren Freiheit führen.

C : Ist jedes neue Album eine Stellungnahme ?

KR : Nein. Das ist ein Inventar, zu einem bestimmtem Zeitpunkt. Ich glaube immer noch an die Musik auf einem physisches Medium, weil sie erlaubt den Prozess einzufrieren, und zu vermeiden auf dasselbe Material zurückzukehren und die Versionen zu vervielfältigen; das ist ein “Statement”, eine Momentaufnahme.

C : Ich sehe deutlich eine Entwicklung in Ihrer Arbeit, sogar einen Aufbau.

KR : Ja das ist wahr.

C : Was ich zum Beispiel in Enghien gesehen habe, faud ich sehr ausgearbeitet, sehr präzise.

C : Haben Sie zu einem bestimmten Zeitpunkt Lust gehabt einen oder mehreren Tracks mit Worte oder einen Text zu unterlegen ?

KR : Auf « Automne Fold » und auf « OR », gibt es Tracks, die gesungen oder gesprochen sind und ich habe die Texte für die meisten selbst geschrieben.

C : Ja aber auf dem letzten Album « Solens Arc », meine ich ?

KR : Es ist wahr, dass es auf diesen Album keine Worte gibt, die Stimme ist auf ihren einfachsten Ausdruck reduziert, das heißt ihren Ton.

C : Ja das hört man, und übrigens hat es mich daran denken lassen, was Sie im Museum des Quai Branly gemacht haben.

KR : Das ist richtig, man kann auf bestimmten Stücken den Einfluss der Kehlen Gesänge von der Inuits hören, abstrakte Stimmen, auf die Atmung reduziert.

C : Mathematik, Philosophie, Kunst, Grafik, definieren diese Worte Ihre musikalische, instrumentalen Arbeit ? Und wie genau ? Ist das eine Gesamtheit?

KR : Mathematik, ja ein wenig, aber letztlich weniger als andere Künstler auf raster-noton, ich habe den Eindruck dass viele viel analytischer sind als ich. Ich bin letztlich jemand, der meiste Zeit direkt auf der Textur arbeitet, ein bisschen wie ein Bildhauer, oder ein Handwerker, und viel weniger theoretisch.

C : Mehr intuitiv ?

KR : Vielleicht aber vor allem organischer.
Was die grafische Arbeit betrifft, von meiner Ausbildung her, habe ich das in den Prozess integriert ohne mir zu viele Fragen zu stellen, das ist ganz einfach: wenn ich ein Album-Cover machen muss, mache ich Grafik-Design, wenn ich ein Video machen will, mache ich das Video. Es gibt viel verbundene Dinge, die ich selbst mache, aber die da für da sind meine Hauptarbeit, die das schaffen von Musik bleibt, zu tragen oder zu kommunizieren.

C : Es handelt sich somit mehr um eine Gesamtheit und Sie machen alles ganz allein ?

KR : Ja das ist richtig.

C : Das ist ein Wille, es ist für Sie notwendig ?

KR : Ja, es gibt mehrere Gründe dafür, wirtschaftliche natürlich, aber auch weil ich diese Haltung, fast Punk, “Do-It-Yourself” mag, die die Entwicklung und Demokratisierung der Technologie erlaubt hat.

C : Ja wir sind völlig in einer solchen Zeitströmung sowieso.

KR : Einer der weiteren Gründe ist dass ich ein bisschen ein « Kontroll Freak » bin, ich versuche mich immer mehr dazu zu zwingen, bestimmte akzessorische Sachen zur Musik weiter zu delegieren, aber ich finde dass man meistens niemals besser bedient wird als von sich selbst.

C : Brian Eno hat gesagt : «Mein Künstlerleben wurde durch die Entwicklung der Technologie bedingt ». Sie erstellen Verbindungen zwischen Musik, Video und Meta-Design, finden Sie sich in dem, was er gesagt hat wieder?

KR : In meiner Karriere als Musiker habe ich den Zeitpunkt erlebt an dem alles auf Computer gewechselt ist, zwischen meinen Anfängen, wo ich begonnen habe die Musik mit einem Sampler Akai mit 32MB RAM zu produzieren, und dem Augenblick an dem Supermarktcomputer stark genug wurden, um Musik-Software laufen zu lassen.
Es ist jetzt interessant, dass ich, wie viele Leute, wieder immer mehr zur Hardware zurückkomme, es gibt Zyklen.
Ich denke dass Brian Eno noch mehr verschiedene Phasen der Entwicklung gekannt hat; er hat angefangen bevor Computer irgendetwas interessantes oder verwendbares machen konnten, er war Zeuge mehrerer aufeinanderfolgender technologischer Revolutionen.
Heute sind wir natürlich nicht am Ende der technologischen Entwicklung, aber ich würde sagen, dass es zwischen dem neuen Mac Book Pro, der gerade herauskommt und dem, der vor zwei Jahren herausgekommen ist, keine großen Unterschiede gibt, außer einer bestimmten Leistung-Steigerung die oft durch eine Erhöhung der Ressourcen der für die Software notwendigen aufgefangen wird, jedenfalls gibt es keine ganz neuen Möglichkeiten, die eröffnet werden, keine wesentlichen Veränderungen.
Dagegen ist es offensichtlich dass eine größere Demokratisierung des Zugangs zu Audio-Techniken gibt. Jeder kann eine “gehackte” Ableton Version auf einem 300€ PC installieren und direkt anfangen Musik zu machen, das ist eine wichtige positive Entwicklung, das bedeutet nicht dass die gesamte Qualität besser wird, aber mindestens ist die technologische Barriere, die existierte als ich angefangen habe, verschwunden.
Die wahre Revolution wird sich schließlich ereignen wenn man sich aufhört die Frage zu stellen, wie die Maschine funktioniert und man sich völlig auf den Inhalt konzentrieren kann, was man damit macht.

C : Wird das Album zum den 24. Februar wertig sein ?

KR : Ja endlich !
Es war ein sehr komplexes Album-Cover, eine Schattierung von grau zu grau, und damit wahrscheinlich das schwereste, um es ordentlich zu drucken.
Das wird sehr schön, sehr minimal sein.

Neues Album : « Solens Arc », den 24. Februar 2014 auf der raster-noton Label.
www.kangdingray.com
www.raster-noton.net

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BILL VIOLA

  • par C.EM
  • mars 28, 2014

Au Grand Palais
Du 5 mars au 21 juillet 2014
Première rétrospective des œuvres vidéos de Bill Viola à Paris.

Bill Viola dans le space time continuum :
Les œuvres présentées vont de 1977 à 2013, c’est un parcours sur 4 décennies, qui commence dans la pénombre, ce qui oblige à une certaine concentration voir une introspection. Je me concentre, je scrute l’obscurité et je commence à faire abstraction des gens autour de moi ; j’accepte le choix des pièces présentées qui prennent au fur et à mesure un sens et font remonter à la surface des émotions parfois inattendues.
Bill Viola explore les mystères de la création à travers les émotions humaines, pour lui l’artiste découle du chaman.
Il dit : «…the depth in human being is infinite… »; «…The creative energy of a great artist comes from inside, very far inside himself…»; « I see things from the inside beneath the body and beyond »

Bill Viola, Grand Palais, Paris
« The reflecting pool » 1977-79
C’est une de ses premières œuvres, une expression de sa quasi noyade, lorsqu’il avait 6 ans. Comme Bill Viola le dit  : « …to almost drown myself was a positive experience, I was not afraid …» « …under the water you see the world differently, there is a new world… ».

Bill Viola, The reflecting pool 1977-79, Grand Palais, Paris

 « Heaven and Earth » 1992

Bill Viola, Grand Palais, Paris

2 globes télé en face à face, qui diffusent chacun un film. D’une part, un nouveau-né, son fils, et d’autre part, une femme âgée, sa mère. C’est le début et la fin, entre les deux il y a nous, les vivants ; et l’ADN de la vie coule de l’un à l’autre, fluide.

Bill Viola, Grand Palais, Paris

Il y a dans ses œuvres le lien avec l’eau mais aussi avec l’électricité qui est un fluide comme l’eau, ce sont les forces actives, celles qui sont aussi dans chaque être humain. C’est pourquoi il a choisi la vidéo comme médium artistique, il dit : « …Video is flowing… ». L’art et la technologie sont liés depuis la nuit des temps et c’est ce qui permet à l’humanité d’avancer.

« The veiling » 1995 (Œuvre présentée à la Biennale de Venise en 1995)
9 grandes voiles suspendues, dans une salle obscure, des projections d’un homme et d’une femme, dans une forêt, qui vont et viennent, sans jamais se rencontrer.

Bill Viola, The Veiling, Grand Palais, Paris
Bill Viola, The Veiling, Grand Palais, Paris

« The Sleep of Reason »  1988

Bill Viola, The Sleep of Reason, Grand Palais, Paris

« Walking on the Edge » 2012

Bill Viola, Walking on the Edge, Grand Palais, Paris
Bill Viola, Walking on the Edge, Grand Palais, Paris
« The Encounter » 2012

Bill Viola, The Encounter, Grand Palais, Paris

Il regroupe dans son travail, différents domaines qui m’intéressent particulièrement chez un artiste, musique électronique, vidéo et culture spirituelle et philosophique, il dit : « The video records sound and image…it connects it completely ». N’oublions pas qu’au tout début, il a travaillé avec Nam June Paik, et qu’il a également travaillé et été influencé par David Tudor, compositeur d’avant-garde ; dont Bill Viola a été un des membres du Rainforest Ensemble qui deviendra le Composers Inside Electronics. En 2000, il a réalisé, une triple vidéo pour la tournée du groupe Nine Inch Nails.

« Fire woman » 2005 (cf. l’Opéra de « Tristan und Isolde »)
Une femme face au feu, qui finit par se laisser tomber et disparaître dans l’eau.

Bill Viola, Fire Woman, Grand Palais, Paris
Bill Viola, Fire Woman, Grand Palais, Paris
Bill Viola, Fire Woman, Grand Palais, Paris
Bill Viola, Fire Woman, Grand Palais, Paris

« Tristan’s ascension» 2005 (The Sound of a Mountain under a Waterfall)

Bill Viola, Tristan's Ascension, Grand Palais, Paris
Bill Viola, Tristan's Ascension, Grand Palais, Paris
Bill Viola, Tristan's Ascension, Grand Palais, Paris
Bill Viola, Tristan's Ascension, Grand Palais, Paris
Bill Viola, Tristan's Ascension, Grand Palais, Paris

« The Dreamers » 2013 (cf. « The Sleepers » 1992 et « The Sleep of Reason » 1988)
7 dormeurs plongés dans l’eau, hommes, femmes, enfant, ils sont sereins ; Pour Bill Viola, ils symbolisent l’immortalité.

Bill Viola, The Dreamers, Grand Palais, Paris

Bill Viola, The Dreamers, Grand Palais, Paris

Bill Viola, The Dreamers, Grand Palais, Paris
Bill Viola, The Dreamers, Grand Palais, Paris

Je comprends mieux pourquoi Bill Viola avait des exigences très précises concernant le montage de cette rétrospective. Tout a été pensé et organisé au millimètre près.
J’aime les artistes exigeants qui savent où ils vont et quelles portes ils veulent ouvrir. Bill Viola, le sculpteur de temps, est de cette race là.
L’enjeu de l’artiste est de nous confronter à ces trois questions métaphysiques majeures : Qui suis-je ? Où suis-je ? Où vais-je ?
La confrontation est réussie, je sors de là pleine d’énergie et de plénitude.

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CHVRCHES

  • par C.EM
  • mars 18, 2014

Paris, le Trianon – lundi 17 mars 2014
1ère partie : SOAK

CHVRCHES, Lauren Mayberry, Iain Cook, Martin Doherty, Le Trianon, Paris, le 17 mars 2014

Je dois dire que c’était surtout pour voir qu’est ce que ce groupe pouvait donner sur scène et pour entendre la voix en Live de Lauren Mayberry que je suis allée au Trianon ce lundi soir. Lorsque j’ai entendu pour la première fois « Lies » qui était à la base un « studio project », mis en ligne sur le net et qui a tout de suite rencontré un large succès, j’ai trouvé la musique addictive et la voix de Mlle Mayberry hors norme dans le paysage musical actuel. J’ai pensé avec cette voix là j’ai trouvé la nouvelle Kate Bush.

Quelle surprise donc, hier soir, de trouver une super ambiance et un public de trentenaire « bon enfant » qui était visiblement là pour s’amuser, alors que je m’attendais à un public beaucoup plus « dark ». Le public connaît tous les titres et réagit au quart de tour pour transformer le concert en club.

CHVRCHES est un groupe, comme le répète à l’envie les trois artistes (Lauren Mayberry, Iain Cook et Martin Doherty), néanmoins sur scène, Lauren est calme et déterminée, elle a une présence folle dans un mouvement minimal ; elle lève le poing, ce n’est pas encore un uppercut mais la force est là ; elle a tout d’une grande.
Les titres de leur premier album « The Bones of What you Believe » s’enchainent, arrive « the Mother we Share », alors là je dis oh oh oh c’est un « straight-shooting » ! Avant dernière chanson que se passe t-il ? C’est Martin Doherty qui chante, casquette vissée sur la tête, il est aussi agité sur scène qu’elle est en retenue, il chantera les deux titres de l’album « Under the Tide » et « You’ve caught the Light ».
« Merci Paris ».

Un groupe à suivre…

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BERLIN

  • par C.EM
  • mars 14, 2014

Bienvenue à Berlin Tegel, terminal D. Vous arrivez dans un bâtiment en préfabriqué qui n’a rien d’accueillant et vous vous dites que Berlin est toujours un vaste chantier… 25 ans après la chute du mur, la capitale d’Allemagne n’a toujours pas fini de détruire et de reconstruire.
Est-ce que Berlin est vraiment unique dans le paysage des capitales européennes ? Tout le monde s’accorde pour dire oui ; je dirai : pas si sûr.
Elle est unique dans sa relation tendue avec l’histoire, d’accord, mais après ?

Je retrouve toujours Berlin à chacune de mes visites. Les quartiers dans lesquels je vais n’ont pas radicalement changé comme on voudrait nous le faire croire ; pas de grande métamorphose en vue. Ces quartiers sont réhabilités et réinvestis par ceux qui ont envie d’y travailler et d’y vivre. Les berlinois se réapproprient les quartiers à l’est comme l’ont déjà fait les londoniens.
Je trouve que Berlin s’uniformise comme toutes les grandes villes culturelles d’Europe. J’aime la coupole de verre sur le bâtiment du Reichstag comme j’aime la pyramide du Louvre.

Berlin est une métropole et chaque quartier est un village, je pourrai dire cela de Paris, Londres ou New-York également. La seule différence majeure c’est l’espace, Berlin est égale à 8 fois Paris, et aussi le coût de la vie fait que Berlin a 35 000 artistes résidents.
Berlin est « casual », multi-ethnique et relax, alors pourquoi y a t-il partout des caméras de surveillance ?

Est-ce qu’il se passe vraiment quelque chose à Berlin ?
Beaucoup de galeries et d’espace de création se trouvent dans les cours et les arrières cours des immeubles. Si vous voulez découvrir autre chose que les chemins balisés et les circuits touristiques, alors mieux vaut connaître une berlinoise ou un berlinois, et savoir ce que vous cherchez !
Et pour voir l’art contemporain ailleurs que dans les musées, vous allez devoir prendre un rendez-vous avec des collectionneurs privés, même certaines galeries de design sont uniquement visibles sur rendez-vous…
Au Kunst-Werke et à la Berlinische Galerie, vous trouverez du contenu dans le contenant, ce qui n’est pas forcément le cas à Lisbonne, Barcelone ou Rome. Mais en même temps je n’y ai pas fait de découverte majeure, ni senti une impulsion créative particulière.

Ce que j’ai trouvé cette fois-ci à Berlin : la lumière ; en extérieur, elle était changeante, à tout instant elle modifiait le regard que je portais sur la ville.

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