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Tilda SWINTON et Olivier SAILLARD présente

  • by C.EM
  • novembre 28th, 2013

« Eternity Dress », « Une Robe, Une Seule »
A l’Ecole Nationale des Beaux Arts de Paris
20-24 novembre 2013

Le Grand amphithéâtre des Beaux Arts, devient le salon d’essayage et de création, de cette robe intemporelle; je suis la cliente qui assiste avec curiosité à cette démonstration privée.

Eternity Dress photo
Imaginez la, elle monte sur l’estrade carrée et se place droite, elle bouge les mains, secoue ses doigts, gestes archaïques et japonisant. Tilda Swinton est habillée d’une blouse blanche et chaussée d’escarpins chair, en veau velours. Elle retire sa blouse, dessous elle porte une robe-combinaison, légère, de couleur chair.
La tête haute, elle se prête à la prise des mesures, Olivier Saillard s’approche avec son mètre ruban :
99 – 77 – 85 – 86 – 72 – 85 – 95 – 98 – 95 – 20 – 47 – 154 – 20 – 43 – 52…
47 – 33 – 41 – 40 – 34 – 15 – 26 – 47 – 76 – 23 – 26 – 26 – 17 – 44 – 39 – 32…
Tour de tête : 55
Tour de taille, longueur milieu dos, tour de bras, largeur coude plié, tour de poitrine, sont les relevés des mesures de Tilda Swinton.

Musique, piano, ils sont à genoux par terre et réalisent en duo, le patron de la robe en papier kraft. Changement de musique, plus rythmée, ils transfèrent sur tissu de coton beige puis découpent au ciseaux.
Tilda Swinton a repris la pose sur son estrade carrée, elle tient devant elle le patron en tissu, Olivier Saillard découpe, et puis jaillit deux pans de tissu, comme une bannière japonaise, qu’elle brandit victorieusement devant elle.

Silence, elle coud, debout face à vous. Musique, violoncelle, elle coud quatre parties de façon inégale.
La robe patron en coton beige, siglée du nom TILDA, est prête. La voici, comme une statue dans sa robe, elle passe à l’essayage des manches et des cols.
Enfin le modèle est défini. Le choix du tissu : noir, rouge, safran, pois bleus, gris clair, dentelle dorée, rose poudré, rayures noires sur blanc, velours vert côtelé, noir, au final ce sera un crêpe bleu marine. Essayage, elle plonge dans sa longue robe bleu marine; marquage de la longueur, ce sera juste sous le genou.

Tilda Swinton prend la pose sur son estrade carrée, et cite un couturier, une autre pose, un autre couturier, et encore, puis enlève ses escarpins, chausse ses richelieux usées, s’assied jambes tendues au bord de son estrade, et bravache elle clame : « Comme des Garçons », final.

Eloge du corps, éloge de la lenteur, éloge du nombre, finesse et humour, je savoure, une heure de bonheur.

A TRIPLE TOUR – Collection PINAULT

  • by C.EM
  • novembre 15th, 2013

A la Conciergerie
Du 21 octobre 2013 au 6 janvier 2014

Après avoir fait le tour de l’exposition, tournant dans le labyrinthe des piliers et des œuvres exposées, sous la voûte gothique de la Conciergerie, je me suis demandée ce que je faisais là !
Je suis venue parce qu’à l’été 2010, j’étais à Venise et j’ai visité la Fondation François Pinault, à La Punta Della Dogana ; j’ai vraiment aimé une grande partie des œuvres qui étaient présentées, mais aussi le lieu, des anciens entrepôts rénovés par l’architecte japonais Tadao Ando, un lieu incroyable comme en dedans et en dehors du temps.

Après réflexion j’ai trouvé un intérêt à cette exposition très parisienne et politiquement correcte, qui s’ouvre sur une œuvre de Michelangelo Pistoletto « La Gabbia » (La Cage), une installation de miroirs, être enfermé ou pas, ouvrir ou fermer les yeux ?
La question n’est donc pas d’aimer ou non les œuvres présentées, mais de les découvrir ou redécouvrir ; comme « Hall of Whispers » – 1995, ces vidéos de Bill Viola, qui sont toujours à mes yeux, d’une extrême actualité.

J’ai découvert les peintures de Julie Mehretu, « Invisible Sun » – 2012 et « Chimera » – 2013, qui sont comme des strates urbaines où l’individu se perd.

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Et vu pour la première fois des œuvres de Chen Zen, dont « La Voie du Sommeil – Sleeping Tao », œuvre essentielle, qui résume à elle seule des siècles de l’histoire de la Chine.

Toutes les œuvres présentées contiennent violence et questions, la question de l’enfermement amène la question de la vie et de la mort de l’individu et de l’humanité.« A Triple Tour », « Panic Room » temporaire, nul besoin de passer une camisole, mais vous laisserez-vous déranger par ce panorama du XXIème siècle, atteindre par la vision intime d’un artiste ?
Après l’exposition «L’Art à l’épreuve du monde», au Depoland à Dunkerque, sur le thème du chaos et de la mort, suivie de celle à Paris sur l’enfermement, parions que la prochaine présentation d’œuvres de la Collection Pinault célèbrera la Vie !

NEW YORK

  • by C.EM
  • novembre 3rd, 2013

STREETS of NEW YORK

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IMG_0246 Upper East Side

IMG_0250Midtown

IMG_0284Trinity Church

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1 TWC, 105 étages – 541m

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IMG_0318Rockefeller Center, 9 ha – 19 immeubles

IMG_0328Times Square

IMG_0401« Diner » – Queens

IMG_0428Central Park,  » Un château dans le ciel… »

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NEW YORK

  • by C.EM
  • octobre 30th, 2013

MIDTOWN MANHATTAN
1929 – MoMA (Museum of Modern Art)

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Marcel Duchamp
« To Be Looked at (from the other side of the glass) », Buenos Aires – 1918

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Marcel Duchamp
« From on by MD or Rose Selavy – Box in a valise » – 1958

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Louise Bourgeois
« Quarantania 1″ – 1981

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Gerhard Richter
« Tote » – 1963

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Gerhard Richter
15 peintures vie et mort de 4 membres des RAF (Red Army Faction)

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Gerhard Richter
« Cell 18 octobre 1977″

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 Vue extérieure

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Tristan Perich
« Microtonal Wall » – 2011
(150 One-bit speakers & microprocessors & aluminium)

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Carsten Nicolai
« Wellenwanne Ifo » – 2012

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Issey miyake
« IN-EI Mendori Lamp » – 2012 (Recycled PET)

Tokujin Yoshioka
« Honey-Pop Armchair » – 2000 (Paper)

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Anish Kapoor
« A Flower A Dramatique Like Death » – 1986

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BOLERO création

  • by C.EM
  • juin 1st, 2013

Sidi Larbi Cherkaoui, Damien Jalet, chorégraphie
Marina Abramovic, scénographie
Durée 15min

 

© : le Figaro.fr

© : le Figaro.fr

 

J’avais moins de 5 ans et je me souviens très bien du Boléro de Ravel, chorégraphie de Maurice Béjart. Des images fortes qui sont à jamais gravées dans ma mémoire. Maurice Béjart confie le rôle central – la mélodie- tantôt à une danseuse, tantôt à un danseur. Le rythme est interprété par un groupe de danseurs.
Cette fois là, Maia Plissetskaia, danseuse étoile du Bolchoï, interprétait – la mélodie – seule sur une table.

Alors ce soir là, quelques années plus tard, je suis ressortie de l’Opéra de Paris à la fois étonnée, satisfaite et contrariée. Je voulais voir cette création, la première du chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui avec les danseurs de l’Opéra Garnier. Bien sûr il fallait que je la confronte à mes souvenirs. Et puis je voulais voir la scénographie de Marina Abramovic.

Il me reste des images, des cercles concentriques comme sur l’eau d’un lac, et étrangement des spirales comme des nébuleuses célestes, des danseurs à la technique classique parfaite mais académique, oui une transe de groupe mais où je ne retrouve pas l’énergie animale des danseurs du ballet Maurice Béjart, les miroirs de Marina Abramovic, dans lesquels j’ai envie de regarder sans cesse, ce qui m’agace, et fait que je me concentre sur ce qui se passe sur scène et enfin des costumes (de Riccardo Tisci) qui m’envoie direct dans le XVIIIème siècle, ces longues capes noires à capuches et ces longues robes virevoltantes.

La composition de ce programme, « L’Oiseau de Feu » de Béjart, suivi de « L’Après-midi d’un Faune » de Nijinski, et de « Afternoon of a Faune » de Robbins et enfin « Boléro », fait que nous ne pouvions qu’être surpris par le dernier acte et c’est presque un soulagement !

L’euphorie et l’électricité ont gagné la salle de l’Opéra de Paris où le public a applaudi à tout rompre.