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IN PARADISUM XVII

  • by C.EM
  • avril 21st, 2015

GODFLESH + EXTREMES PRECAUTIONS + DE MURCIA & MIKOLAJCZYK (LIVE)

La Gaîté Lyrique – vendredi 17 avril 2015, 20h

Ce soir c’est une nouvelle soirée du label In Paradisum qui a lieu à la Gaîté Lyrique, avec un premier set des lyonnais Amédée de Murcia & Guillaume Mikolajczyk (du quatuor Insiden), suivi du set de Paul Régimbeau a.k.a. Mondkopf et pour finir Godflesh (Justin K. Broadrick & Ben C.Green).

Amédée de Murcia & Guillaume Mikolajczyk (du quatuor Insiden), In Paradisum XVII, La Gaîté Lyrique

DE MURCIA & MIKOLAJCZYK
20h, au milieu du public, c’est à dire dans la salle, le public tout autour debout ou assis, nos deux barbus lyonnais livrent une performance au volume sonore élevé, des sons répétitifs et spatiaux, résonnent comme un bruit lancinant d’usine, dans un jeu de lumières oranges et bleues ; nous sommes plongés dans une ambiance de guerre froide.

Paul Régimbeau, Mondkopf, Extrêmes Précaustions, In Paradisum, La Gaîté Lyrique

EXTREMES PRECAUTIONS – Mondkopf
Paul Régimbeau présente ce soir un extrait de son nouvel album « Extrêmes Précautions », un nouveau projet techno, brut.
Il arrive discrètement sur scène, en fond scénique des batons de lumière rouge, le son va crescendo, mais je retrouve encore le son « cathédrale » très particulier de Mondkopf.
Une fois de plus il nous propose sa catharsis à effets miroirs, il créé pour externaliser ses frustrations et cela ouvre un portail dans lequel nous plongeons.
Que se passe t-il depuis quelques mois avec tous ces producteurs d’électro et de techno qui semblent en situation de guerre et d’urgence ? Je pense au dernier opus de Ben Frost ou au set de Carsten Nicolai avec Anne-James Chaton à la Fondation Louis Vuitton.
L’ensemble de la soirée est sous le signe du volume sonore fort, très fort…
La techno tribale de Mondkopf, faite de contrastes, alterne ici avec un son arabisant et des lumières rouges et blanches, puis soudain un cri. Est-ce un cri de rage, de guerre ou d’horreur ?
« Suicide »
« Bull Shit »
« You’ll be allright »
Là tout cogne, tout vibre et tout devient flou, le portail est ouvert et une envie irrépressible de courir me prend.
Le fond de scène redevient flou, la techno sauvage se mêle à des sons asiatisant, c’est beau et douloureux.
Il y a du Jean-Michel Jarre chez Paul Régimbeau.
Il quitte la scène comme une flèche, sans même attendre les applaudissements…

Godflesh (Justin K. Broadrick & Ben C.Green), In Paradisum XVII, La Gaîté Lyrique

GODFLESH
Il y a dans la salle des fans purs et durs, un écran blanc de projection descend, beaucoup d’images seront projetées, d’abord du feu puis une croix, puis un serpent.Le son Godflesh vous cloue au sol littéralement, plus moyen de s’évader même si parfois une envolée lyrique surgit, tout reste plombé.
Saturation, urgence, résistance, le son est très fort, métal-punk et très anglais.
Les peintures de Jerome Bosch côtoient un son intense et une sirène d’urgence. Saturations de sons et de lumières striées, soudain une ombre noire passe.

Les sets se sont enchainés rapidement, les seuls temps morts étaient techniques.

HEK – HANNI EL KHATIB

  • by C.EM
  • mars 9th, 2015

At the Gaîté Lyrique, Paris – Wednesday March 4th 2015, 20h30

The support: Gallery Circus
I rarely discover interesting musicians as the support of a gig, but here I must say that these two boys, the one on the guitar and the other one on drums, were perfectly in harmony, had a crazy energy, conveyed emotion through each title, and by the end of the third title, the public was conquered!
To keep in mind and see…

On stage:
Hanni El Khatib – guitar / vocals
Johnny Bell – bass
Ron Marinelli – drums
Hayden Tobin – keys / guitar
Nathan Hawelu – guitar

HEK, Hanni El Khatib, Moonlight, La Gaité Lyrique, Paris

This evening, Hanni El Khatib was in Paris to present his third album « MOONLIGHT »; I already found his first album « Will The Guns Come Out » (2011) very interesting. I was not very inspired with « Head in the Dirt » (2013), produced by Dan Auerback from the Black Keys.

I find that Hanni El Khatib is part of what is musically the most interesting across the Atlantic right now, but also he has a distinctly unusual voice, which once heard, especially on stage, is simply unforgettable.

The audience who was here tonight is rock, bobo, hipster Parisian, and it is also the same audience who goes to «Rock en Seine» festival.
The gig begins with a Hip Hop soundtrack, and soon Hanni El Khatib jumped on stage with his musicians and attacks with « Moonlight » the first title of the new album. In the front row, there are the three guitarists, Hanni El Khatib in the center, surrounded by Nathan Hawelu and Johnny Bell, they are all 3 perfectly synchronized and Hanni El Khatib leads the game.

All the titles of the new album are fully re-mastered for the stage, and some titles are taken from the 2 previous albums, such as « Dead Wrong » and « Family ».He has still made a very lapped American show, playing title on title, and on the opposite, the disc is pretty rough around the edges, weird, in a vein of Black Sabbath – The Clash – and a little rap.

6th title « Dead Wrong »
He says: « I was there 4 years ago, you don’t remember but I do »! (He already did a gig at the Gaité Lyrique in July 2011)
8th title « All Black »
He says, « Can we keep going on new music…»
9th title « Mexico »
He says, « How are you feeling now? »
3 titles before the end of the gig, on « Loved One », he introduces his musicians.

Last title « Two Brothers » is one of my favorite tracks of the album with « Home » and « Mexico », (on « Home » he takes risks with his voice and it’s very interesting). He says before playing: « For you guys. I’m sure you’ve lost someone in the past». And there in the middle of the title he comes down with his guitar in front of the stage into the audience.
I’m speechless and I’m not the only one, the audience is stunned and really quiet!
Recall, the drummer returns first and play the recall at the drums. 2 more titles and the end. Hanni El Khatib says, « All right », « Thank you so much »

Tonight I saw Hanni El Khatib in a mastered strength; the gig was with a dominance of guitars «riff and scratches». This gig gave me an incredible energy and I have in mind repeatedly « Moonlight » and « Two Brothers »!
He signed his records at the end of the gig, which I think is always a good idea when an artist comes to meet his audience.

New Album « MOONLIGHT » released January 19th 2015, Innovative Leisure Records / Because Music

HEK – HANNI EL KHATIB

  • by C.EM
  • mars 7th, 2015

La Gaîté Lyrique – mercredi 04 mars 2015, 20h30

1ère partie : Gallery Circus
Je découvre rarement quelqu’un d’intéressant, en 1ère partie de concert, mais là je dois dire que ces 2 garçons, l’un à la guitare et l’autre à la batterie, étaient parfaitement en osmose, avaient une énergie de dingue, transmettaient une telle émotion à chaque titre qu’au bout du 3ème , le public de ce soir était conquis !
A suivre…

Sur scène :
Hanni El Khatib – guitare / voix
Johnny Bell – basse
Ron Marinelli – batterie
Hayden Tobin – synthé / guitare
Nathan Hawelu – guitare

HEK, Hanni El Khatib, Moonlight, La Gaité Lyrique, Paris

Ce soir, Hanni El Khatib était à Paris pour présenter son troisième album « MOONLIGHT »,après « Will The Guns Come Out » (2011) son 1er album que j’avais déjà trouvé très intéressant ; je passe sous silence « Head in the Dirt » (2013), produit par Dan Auerback des Black Keys.
Je trouve qu’Hanni El Khatib fait partie de ce qu’il y a de plus intéressant musicalement outre atlantique en ce moment, mais il a aussi une voix franchement atypique, qui une fois entendue, surtout sur scène, est simplement inoubliable.

C’est un public rock, bobo, hipster parisien, qui va aussi au festival Rock en Seine, qui était là ce soir.
Le concert commence par une bande son Hip Hop, et très vite Hanni El Khatib bondit sur scène avec ses musiciens et attaque avec « Moonlight », 1er opus du nouvel album. En frontal, il y a les 3 guitaristes, Hanni El Khatib au centre, entouré de Nathan Hawelu et Johnny Bell, ils sont tous les 3 parfaitement synchronisés et Hanni El Khatib mène le jeu.
Les titres sont totalement reboostés pour la scène, et quelques titres sont extraits des 2 précédents albums, comme « Dead Wrong » ou encore « Family ». Il nous a quand même fait un show très rodé à l’américaine, enchainant titre sur titre, alors que le disque est assez brut de décoffrage, « weird », dans une veine Black Sabbath – The Clash – et un peu rap.

6ème titre « Dead Wrong »
Il dit : « I was there 4 years ago, you don’t remember but I do » ! (Il était déjà en concert à la Gaité Lyrique en juillet 2011)
8ème titre « All Black »
Il dit : « Can we keep going on new music… »
9ème titre « Mexico »
Il dit : « How are you feeling now » ?
3 titres avant la fin du concert, sur « Loved One », il présente ses musiciens.

Dernier titre « Two Brothers», c’est un de mes titres préférés de l’album avec « Home » et « Mexico » (sur « Home » il prend des risques avec sa voix et c’est très réussi). Il dit en intro : « For you guys. I’m sure you’ve lost someone in the past ». Et là au milieu du titre il descend avec sa guitare devant la scène, au milieu du public.  Je reste sans voix et je ne suis pas la seule, le public est médusé et vraiment silencieux !
Rappel, le batteur revient en 1er et fait le rappel à la batterie. Encore 2 titres et fin. Hanni El Khatib dit : « All right » « Thank you so much »

HEK, Hanni El Khatib, Moonlight, La Gaité Lyrique, Paris

C’est donc un Hanni El Khatib dans une force maitrisée, avec une dominance de riff – scratch de guitares, qui était là ce soir. Ce concert m’a donné une énergie incroyable, et j’ai en tête de façon répétitive « Moonlight » et « Two Brothers» !
Il a dédicacé ses disques à la fin du concert. Je trouve que c’est toujours une bonne chose quand un artiste prend le temps de venir à la rencontre de son public.

Nouvel Album « MOONLIGHT » : sorti le 19 janvier 2015, Innovative Leisure Records / Because music

FRANK BRETSCHNEIDER & PIERCE WARNECKE

  • by C.EM
  • février 3rd, 2015

« SINN + FORM »
Suivi de Robin Fox & Atom TM « Double Vision »

Berlin, HKW – Haus der Kulturen der Welt – vendredi 30 janvier 2015, 21h

Au HKW ce soir, il y a foule car c’est le CTM Festival 2015. Je viens voir le nouveau projet de Frank Bretschneider « SINN + FORM ».
Je suis d’abord très surprise de me retrouver dans une salle en amphithéâtre comme si j’étais à la fac ! Le public est très international, hétéroclite, plutôt des trentenaires et vraiment très sage !
Je suis donc assise, ce que je trouve toujours pénible quand je vais à une performance électro ; j’aimerai pouvoir avoir différents angles de vue, d’écoute et voir les réactions du public.

Frank Bretschneider, Pierce Warnecke, SINN + FORM, transmediale, CTM, Berlin

Frank Bretschneider et Pierce Warnecke arrivent sur scène discrètement, alors qu’un intervenant vient de présenter la soirée de façon maladroite, en oubliant le titre du projet, c’est à dire « SINN + FORM ». La performance débute avec un son en vibration et des images en noir & blanc. Ces images du début me rappellent une installation que j’avais vu à La Fondation Serralves, à Porto et qui s’intitule « Meio Concreto », une projection d’Alexandre Estrela.
Les sons s’intensifient, il y a une exubérance de sons électroniques. J’ai l’impression d’être dans une salle de stockage d’ordinateurs qui seraient tous en utilisation forcée. L’ambiance me fait penser au film « Brazil » (1985), des Monty Python.

Toute la performance sera ponctuée de changements d’images et de sons comme différents tableaux, jetés à la figure du public avec une certaine violence.

Des images et des sons comme des bombes, une explosion se superpose à une autre, sans fin. Quelle est la logique ? Ou bien quelle est la logique ou l’absurdité du monde ? L’enchainement plutôt grinçant des sons et des images comme la fin d’une bobine de film me donne le sentiment d’une descente dans les entrailles d’un monde post apocalyptique.

Changement d’images et de sons, un certain calme est revenu, un questionnement se met en place. Est-ce seulement possible de revenir en arrière comme un prélude à une nouvelle marche en avant dans une autre direction ?
Comment tout effacer ? Ou faut-il continuer coûte que coûte ?

Des sons et des images comme un kaléidoscope en noir & blanc, il y a des gongs déformés qui vibrent de façon répétitive. Tout au long de la performance il y a cette vibration, comme celle d’un train qui passe en boucle sur un circuit,  et qui amène une lourdeur, une léthargie.
Changement d’images et de sons, sur un rythme haché et accéléré, des bangs répétitifs comme un marteau sur une enclume. Est-ce la fin ou quelque chose va arriver, certainement et ce sera encore absurde.
Changement d’images et de sons, j’ai l’impression d’être dans un service intensif d’un hôpital. Faut-il tout débrancher ?

Frank Bretschneider, Pierce Warnecke, SINN + FORM, transmediale, CTM, Berlin

Frank Bretschneider et Pierce Warnecke ont livré une performance abstraite et conceptuelle, en noir et blanc. Je pense au film « Alphaville » de Jean-Luc Godard. Frank Bretschneider a su garder une intégrité artistique que peu d’artistes possèdent. La performance de ce soir était très intéressante même si l’ambiance dans cette salle était assez bizarre, une partie du public est resté sans voix. Ils quittent la scène aussi discrètement qu’ils y sont entrés.

« SINN + FORM », sorti sur le label raster-noton, en janvier 2015.
Le matériel sonore de ce nouvel album a été enregistré en juillet 2014, à EMS à Stockholm.

KEIICHIRO SHIBUYA

  • by C.EM
  • octobre 22nd, 2014

« Perfect Privacy »

Théâtre du Châtelet – lundi 20 octobre 2014, 20h

Keiichiro Shibuya, Perfect Privacy, Théâtre du Châtelet, Paris

The concert opens in the dark, he plays the piano. On stage there is a grand piano, computer, speakers and keyboards.
The projection of the piano keys behind him, black and white, shadow and light, are like a path leading to…an experience.
He is the only one I know to do something like that, placing multiple cameras around him. You can see his hands on the piano, his face reading the score, his back, and the piano…
It brings a strange feeling.
The sound of the piano, the movement of sound echoing his hands movement and eyes movement.

I remember that in 2011 he did “Massive Life Flow”, an installation where he was filmed during 9 days, doing his work of music production (the “Open Studio of Music”).

I recognize and know most of the tracks that he plays tonight. Some tracks comes from the concert-projection live, to support the photographic images of Hiroshi Sugimoto at the Palais de Tokyo last April, and some tracks comes from his first opera « The End ».
His music whether it is piano solo or piano and computer is spatial. I see the projection of the piano from above like a spaceship again and again.

What is the direction? It is real and unreal, past, present and future.
Where does he want to go? Where does he want to take us?
It is a meeting, an history and a breakup. I am afraid it brings more questions than answers.

The text runs horizontal:
“J’ai l’impression qu’on m’observe.”
“Mais peut-être que je m’imagine des choses.”

The text runs up:
“La mort…”
“L’idée de mourir m’était totalement étrangère.”

The text runs down:
“Tu as dit quelque chose là?”
“Qu’as-tu dis?”

“…Adieu…”

The end of the piano track is like a whisper, a breathing…

OWLLE

  • by C.EM
  • septembre 22nd, 2014

France Picoulet a.k.a. OWLLE, compositrice-chanteuse, lauréate des inRocks Lab 2011, à la suite de quoi, elle part en studio (Angelic) avec le producteur anglais David Kosten qui produira « Disorder ».
Son premier album « France » est sorti le 20 janvier 2014, Sony Music.

La Gaîté Lyrique – samedi 20 septembre 2014, 21h30

1ère partie : ANDREA

Sur scène avec OWLLE : Antoine, batterie et Charles, synthés.

OWLLE, "France", La Gaîté Lyrique, Paris

Il se passe des choses sur la scène musicale hexagonale féminine…
Cela fait un moment que l’univers musical de OWLLE m’a interpellé, il était nécessaire que j’aille voir sur scène ce qu’il en était vraiment.
Elle arrive sur scène dans la pénombre, porte une sorte de boléro glitter (qu’elle enlèvera après) sur une combi noire, enchaîne deux titres et présente ses musiciens.

Première impression, la musique prend trop le pas sur sa voix, et là c’est vraiment dommage car elle a une voix et des plus intéressante !
Elle se perd et se laisse voyager par moment dans sa musique et revient sur scène comme happée par la réalité du moment. Il y a là une dimension onirique à expérimenter, c’est un rêve de voix, de sons, de gestes, de postures et de contrastes.
Quatrième titre « Fog », le public où il y a de « vrais fans » connaît bien l’album. Cinquième titre « Ticky Ticky », difficile de faire l’impasse sur ce titre là…
Sixième titre « Don’t lose it », enfin le concert prend forme et rythme, elle semble plus à l’aise sur scène, même si le concert est déjà plutôt rodé après plusieurs mois de tournée.
« Silence », puis un titre plus calme et une nouvelle chanson qui a une belle atmosphère d’ensemble musique + voix.
Pour finir, encore deux titres, le dernier dans une ambiance bleue, « Let it go… »

OWLLE, "France", La Gaîté Lyrique, Paris
Rappel
OWLLE fait une reprise de « Wuthering Heights » de Kate Bush, dans une version personnelle, que je trouve réussie.
Et là il se passe une chose étrange, plutôt que de terminer le concert sur la reprise de Kate Bush, OWLLE propose au public de visionner son dernier clip pour le titre « Creed », alors allons y « From Limoges to L.A…. » ! (Ceux qui étaient là comprendront…)!

Comme je l’ai déjà dis je préfère un concert avec sa part d’émotions et de maladresses, à un concert qui a une précision trop médicale, bien sûr le concert de ce soir était « court », avec un premier album sorti, il est difficile de faire autrement… ! Ce soir OWLLE aurait pu ralentir, pour pouvoir transmettre son énergie et ses émotions à son public, je dirai juste pour conclure, difficile de gérer le trac…

JOSHUA REDMAN & THE BAD PLUS

  • by C.EM
  • septembre 12th, 2014

Jazz à La Villette, Grande Halle Charlie Parker – mardi 9 septembre 2014, 20h

1ère partie : KNEEBODY

The BAD PLUS : trio de jazz – pianiste : Ethan Iverson, contrebassiste : Reid Anderson, batteur : David King.

Comme souvent au Festival de Jazz à La Villette, il y a des artistes à voir et même à ne pas manquer…
Monsieur Joshua Redman en fait partie.

Nous avons eu droit avant le concert à un discours des intermittents du spectacle. Je ne pense pas qu’ils vont rallier le public à leur cause en agissant ainsi ; d’ailleurs, seulement la moitié de la salle, a légèrement applaudi.

Joshua Redman & the Bad Plus, Jazz à La Villette, Paris

Après la première partie, les techniciens installent les instruments, piano, contrebasse et batterie, le décor chic et sobre est posé. Ils entrent sur scène, Joshua Redman est d’une classe absolue en costume gris.

Le concert débute tout en douceur, Joshua Redman joue en finesse et subtilité, puis il reste en retrait et laisse le trio des Bad Plus jouer le morceau. Il y a une forte complicité entre le contrebassiste et le batteur, le pianiste est comme dans sa bulle. Joshua Redman alterne l’action et le retrait. Il semble confiant dans les musiciens qui l’accompagnent ; je me dis : « Ils savent ce qu’ils ont à faire » !
Les trois premiers titres s’enchaînent, « Love is the answer », « 2 pm » et « Big heater », tout l’héritage du jazz est là, magnifié par la maîtrise de Joshua Redman et du trio des Bad Plus.
Présentation des musiciens et Reid Anderson dit : « C’est moi qui ai écrit le titre » ! Ce qu’il dira à plusieurs reprises au cours de la soirée et qui provoquera le rire du public. Je dois admettre que Monsieur Reid Anderson maîtrise bien l’art de la composition.
Sur le 3ème titre, qui pourrait être une musique de film, le pianiste s’arrête de jouer pour laisser la place à Joshua Redman qui joue crescendo jusqu’à la folie.
« People like you », un morceau sensible qui gagne en puissance comme une longue et belle histoire… « Fifth store Jewellery », l’excellent batteur s’est donné son moment de gloire, même Joshua Redman n’arrivait pas à reprendre la main !
Et je me dis : « Comme il doit être difficile de gérer tout ces égos » !
Nouvelle présentation des musiciens, Reid Anderson cite le pianiste, le batteur et dit : « Et le fantastique Joshua Redman ».
«That is the question », dernier titre plutôt exubérant, qui s’apparente davantage à une démonstration de force finale qui n’était pour moi pas nécessaire…

Joshua Redman & the Bad Plus, Jazz à La Villette, Paris

C’était un excellent concert, peut être un peu trop lisse, il manquait une vraie complicité entre Joshua Redman et le trio des Bad Plus, qui aurait permis d’emporter le public. Pour ce concert nous étions assis, alors que  je pense qu’un public debout aurait apporté une autre énergie…
Je crois aussi que Joshua Redman n’était sans doute pas à 100% dans son élément avec cette formation.

NENA und Band– LIVE 2014

  • by C.EM
  • juillet 28th, 2014

Regensburg, Thurn und Taxis : Schlossfestspiele, Innenhof – Vendredi 25 juillet 2014, 21h

NENA, Live 2014, Thurn und Taxis Schlossfestspiele, Regensburg

La scène est dans la cour du château et heureusement, ce soir, les orages ont passé leur chemin. NENA monte sur scène à 21h après avoir laissé la place en première partie, à deux de ces guitaristes. Sur scène avec elle, il y a trois choristes et huit musiciens, elle est en super forme ; elle fait une heure de marche tous les jours où qu’elle soit, et boit volontiers un bon whiskey !
Elle attaque direct très rock et dès le deuxième titre, elle appelle le public à venir devant la scène. Comme toujours elle a une maîtrise parfaite de la scène et sait parfaitement communiquer avec son public.
Dès le troisième titre tout le monde chante avec elle et saute à pieds joints !
« In meinem Leben », NENA seule à la guitare, finit par dire en rigolant, « chanter est bon pour la santé, alors chantez avec moi » !
La soirée est total rock, parfois plus rap, parfois plus punk. Elle chante le single de son nouvel album qui sortira fin août, début septembre. Et aussi,
« Old School » (Baby)
« Willst du mit mir gehn », les filles sont invitées à reprendre le refrain.
Il semblerait qu’il y ait un petit problème technique, elle discute avec le technicien son et avec son clavier tout en finissant la chanson.
A nouveau un solo plus calme, NENA emplit l’espace avec ses émotions.
Après onze titres et nous avoir présenté ses musiciens, c’est l’entracte.

NENA, Live 2014, Thurn und Taxis Schlossfestspiele, Regensburg

NENA remonte sur scène et clame « Man, Man, Man, Sie sind alle wieder da » !
« Das ist nicht alles », elle a passé un blouson de cuir et compte bien terminer la soirée avec force.
« Das Schiff », NENA est à nouveau seule à la guitare.
« Ce sont des rêves en plastique »
« Wunder Geschehen »
NENA fera de cette soirée une traversée à travers tout ses albums avec des titres connus comme « Leuchtturm », « Irgendwie, Irgendwo, Irgendwann » « Nur Geträumt » et avec bien sûr un « 99 Luftballons » version 2014 !

NENA, Live 2014, Thurn und Taxis Schlossfestspiele, Regensburg

Et elle dit : « Vielen Dank, das ist ein super schöner Abend »
« Wir gehören zusammen »
NENA ne surjoue pas et ne cherche pas la perfection, tout le déroulement scénique en devient plus intéressant. Elle aime son public et il le lui rend bien, qu’il y ait 2 000 ou 20 000 personnes.
Et comme elle le dit « Un concert est toujours une nouvelle aventure et certainement pas une routine, jusqu’à aujourd’hui en tout cas… »
Vielen Dank NENA !

KYOKA – « is (Superpowered)»

  • by C.EM
  • juillet 18th, 2014

KYOKA était en concert à Paris, pour la sortie de son premier album « Is (Superpowered) », le 5 mai 2014, sur le label Raster Noton (Berlin).

Paris, La Plage du Glazart – Mutant Area – Jeudi 17 juillet 2014, 21h

KYOKA, "Is (Superpowered)", La Plage du Glazart, Paris

Le lieu qui tenait davantage du club de rencontres que d’un espace de concerts, ne permettait pas d’apprécier à sa juste valeur le travail de la demoiselle japonaise.
Son Set était globalement maitrisé, « Superpowered » peut-être un peu trop, j’attendais un peu plus de subtilité et de fluidité sur l’ensemble de la performance.
J’ai trouvé très curieux qu’il y ait du « Construction Time Again » de Depeche Mode chez KYOKA, mais en version partielle, remixée Electro 2014.
Ça donnait quelque chose entre un vrai bruit d’usine, un son parfois Dumbstep – Reggae et une sonorité très « Game Arcade » ; One, Two, Three,  une sonorité très robotique de travail à la chaine perdue dans « Vingt Mille Lieux sous les Mers ».
Et vocalement cela s’apparentait presque à du rap.

Je dirai que pour un premier album sorti sur le label Raster Noton (Berlin) et travaillé avec Frank Bretschneider et Robert Lippock, il fallait sans doute que la demoiselle en fasse un peu trop…
La performance de KYOKA, hier soir à la plage du Glazart, pourrait certainement avoir une autre portée ; il manquait juste la symbiose entre l’artiste, le lieu et le public.
Mademoiselle KYOKA est je crois lancée sur une ligne à grande vitesse…

KEIICHIRO SHIBUYA _ 渋谷慶一郎氏への質問状

  • by C.EM
  • juillet 2nd, 2014

_ 渋谷慶一郎氏への質問状

Keiichiro Shibuya, Interview, Tokyo, Paris,photo credit Kenshu Shintsubo

 

1/パリのパレ・ド・トーキョーにおける杉本博司氏の個展オープニングのための

「コンサート・プロジェクション」製作の過程についてご説明いただけますか

 

杉本さんが劇場の映像バージョンを先に制作して、その映像に対して作曲しました。

映像のMov dataを音というかノイズに変換したものを作り、それが通奏低音のように

曲の全体を通じて鳴っています。杉本さんのアイディアでオリヴィエ・メシアンの

「世の終わりのための四重奏曲」からいくつかの和音が引用されています。

 

2/ テクノロジーはますます存在感を示しています ご自身の作品においてはテクノロジーをどのように活用していらっしゃるのでしょうか

 

音色を作ること。作曲すること。曲を編集すること。全てにです。

ピアノを弾くときにもコンピュータで音色を作っていることの影響はあります。

 

3/ あなたが企画を立てるとき その企画と 古典音楽の楽器やテクノロジーとのバランスとは何でしょう そしてそれはどのように進化するのでしょう

 

バランスを取る必要はありません。

ある音楽が浮かんだときに既に、楽器かコンピュータかといった使うメディアは決まっています。個人的にはピアノとコンピュータをミックスするのはすごく難しいと思います。

同時にそれが今の自分のスタイルだという気持ちもあります。

2014年10月にシャトレ座でのソロコンサートではその最も進化したかたちが出来ればと思っています。

 

4/ テクノロジーによって 音楽やデザイン 現代美術の繋がりはますます明白になっていますが このことについてどう思われますか また ご自身の作品においては この繋がりをどのように定義されますか

 

その繋がりが指すものはテクノロジーの小型化、つまりパーソナルテクノロジーということだ

と思うのですが、それ自体は新しい概念、出来事ではありません。

ただ、それによって音楽家ではない人間、例えば美術家が音楽の原理とは別のビジュアルな原

理で音楽を作ることが一般的になったのはすごく大きな転換だったと思います。

僕はインスタレーションも作りますが、実際の音の有無はともかくとして音が発想やコンセプ

トの元になっています。なので音、聴覚からビジュアルを見ていますし、発想します。

そして環境をコンポジションする、という意識が強いです。

作曲という意識でビジュアルを含んだものを作る、というアーティストはそれほど多くない

です。

同時にこれは僕の特徴でもあるので、美術的な活動をするときほど自分が音楽家であることを

強く意識します。

 

5/ 2013年のオペラ「THE END」は これらの分野と結合している最も代表的な作品と言えるのでしょうか

 

あの作品はオペラを人間を使わないで作ったらどうなるか、というのが最初のコンセプトです。

なので現代美術的なアプローチは特に意識していません。あくまでも音楽内の発想で作ってい

ます。しかし、古典的な意味でのハーモニーは限りなくシンプルで音色の層は限りなく複雑に

なっています。

同時にあのオペラには1ページも楽譜がありません。

全て最初からコンピュータにプログラミングしていったのです。

そういう意味ではあれはテクノロジーがなければ出来なかったオペラだったと思います。