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Fabienne Verdier présente « Energy Fields »

  • by C.EM
  • octobre 21st, 2013

Du 21 septembre au 2 novembre 2013, Galerie Jaeger Bucher / Jeanne Bucher

 

Série "Walking Paintings" Triptyque N°08, 2013 198X402 cm

Série « Walking Paintings »
Triptyque N°08, 2013
198X402 cm

« Walking Paintings », ce sont donc des œuvres récentes, en noir et blanc.

Série "Walking Paintings" Diptyque N°02, 2013 198X268 cm

Série « Walking Paintings »
Diptyque N°02, 2013
198X268 cm

Fabienne Verdier se libère de la contrainte de son imposant pinceau en utilisant aujourd’hui une réserve d’encre comme outil de création. On voit bien que le choix des œuvres présentées a dû être difficile tant elles se continuent ou elles diffèrent. Tantôt la ligne d’énergie et d’encre, de matière, se suffit à elle même tant elle a de la force et une seule direction, tantôt les lignes se superposent et se croisent pour former une masse tumultueuse, presque menaçante…

Elle cite l’architecte et peintre de la Renaissance Léon Battista Alberti : « Le sommet de l’art c’est de savoir utiliser le blanc et le noir », ce qui éclaire toute sa démarche.
Elle dit : avoir « une fascination pour la forme végétale », qui a un rythme, une sonorité comme « 1, 2,3 », « 1, 2,3 ».
Elle dit : « on le détruit » parce « qu’il n’y a pas de réalisation spontanée et qu’il faut une vie de travail pour y arriver », alors peut-être lorsqu’elle aura 80, 90 ou 100 ans…

Il y a de la fougue dans ses œuvres là, comme une cavalière lancée au galop dans l’espace infini de sa pensée créatrice.

Je suis passée d’un espace de la galerie à l’autre, en des aller-retour successifs puisqu’étaient également présentées des études méticuleuses de la coiffe de Margareta peinte par Van Eyck,(un des premier portrait d’une femme artiste), une série d’œuvres nommées La Pensée Labyrinthique ou Méandres.

Margareta II. Hommage à Van Eyck La Pensée Labyrinthique, 2011 180X356 cm

Margareta II. Hommage à Van Eyck
La Pensée Labyrinthique, 2011
180X356 cm

Je dois dire que le travail de Fabienne Verdier me bouleverse depuis longtemps peut-être parce qu’il y a là quelque chose de résolument féminin, une résonance particulière dans l’énergie créatrice. Fabienne Verdier, une femme artiste, avant-gardiste, que certains disent à contre courant, est surtout une artiste qui a trouvé sa voix artistique et qui pose les bonnes questions.

Un récent rapport du sénat intitulé « La place des femmes dans l’art et la culture » montre clairement que les femmes artistes sont moins cotées, exposées et reconnues que les hommes.

Simon HANTAÏ

  • by C.EM
  • juillet 7th, 2013

 Au Centre Pompidou
22 Mai – 2 Septembre 2013

 

Souvenir de l'avenir, Hantaï Simon (C) Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Adam

Souvenir de l’avenir, Hantaï Simon
(C) Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Adam

Enfin une rétrospective de cet artiste, trop méconnu du grand public, qui occupe le plus grand espace, au 6ème étage, du Centre Pompidou. 130 toiles ont été rassemblées ici par Dominique Fourcade, Isabelle Monod-Fontaine et Alfred Pacquement.

Immense, intense, sombre, vif, rythmique, Hantaï étonne.

Peu de monde, ce dimanche matin, j’en rêvais, pouvoir déambuler à mon rythme dans cette exposition et en silence…

Le début, le surréalisme 1949-1955, je retiens peinture – 1952 (don de Daniel Cordier, 1989, Centre Pompidou), 3 peintures gris – noir – 1957-1958 « Souvenir de l’avenir ». Hantaï expérimente et explore, Mariales 1960-1962, elles constituent un groupe de 27 peintures, il commence à plier la toile. Je retiens m.a.1, m.a.3, m.a.4, m.c.2, m.c.3 et m.c.6. La série m.c. est traitée différemment. Le fond de la toile a été éclaboussé de peinture noire, le pliage est différent, le rendu est beaucoup plus brut avec de grands aplats de couleur.

Plié, peint, plié, peint, les Mariales sont rythmées comme une musique, une chorégraphie.

Mariale m.a. 3, Hantaï Simon (C) Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Philippe Migeat

Mariale m.a. 3, Hantaï Simon
(C) Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Philippe Migeat

Dans les séries Catamurons et Panses 1963-1965, le pliage, les couleurs sont au centre de la toile, les bords restent vides. Je retiens Catamurons 1964 (bleu, vert sombre et noir, FRAC Limousin 1985) et Panses MM1 1965 (bleu, noir et blanc), les peintures ici présentées sont minérales et le traitement de la couleur proche des dernières Mariales comme un vitrail. Dans Panses les viscères surréalistes refont surface.

Meuns 1967-1968, des peintures monumentales où la couleur et les formes éclatent en grands fragments. Je retiens Meuns 1968, 3 peintures côte à côte, bleu, aubergine et bleu klein. Et Meuns 1968, noir et 2 bleus.

Etudes et Blancs 1969-1973, j’aime Blanc 1974, bleu, violet et vert.

1973, Hantaï peint les premières Tabulas, la façon de plier la toile devient systématique, trop systématique pour moi et donne un quadrillage. Les dernières Tabulas, les Tabulas Lilas sont des peintures plus petites, plus fragiles. Je retiens Tabula Lilas 1982, blanc sur l’ocre d’une toile légèrement préparée.
Laissées 1981-1994, Hantaï reprend d’anciennes toiles des Tabulas qu’il recadre et découpe. Les photographies d’Antonio Semararo montrent Hantaï découpant ses toiles, « La toile est un ciseau pour moi ».

Alors, un ultime sursaut de création ?

Hantaï a dit :
« Il y a quinze ans, je me suis placé en dehors. Je me suis retiré du centre, parce que vouloir se placer au centre n’a aucun sens, interdit d’avoir une vision critique. Il ne reste qu’une fonction sociale. Alors, je suis rentré dans l’atelier, sans considération du marché, librement. C’était la seule solution. Sinon la peinture devenait de la chose, du produit. » (Extrait article Ph. Dagen, Le Monde, 16/03/1998)

Films : « Des formes et des couleurs : Simon Hantaï », 1974 et « Grand portrait : Simon Hantaï ou les silences rétiniens », 1976 de Jean-Michel Meurice.
Documentaire : Conversation avec catherine Chevrier, 1998.
« Simon Hantaï : artiste peintre », Reportage de Pierre Desfons et Béatrice Caufman, avec la collaboration de Dominique Fourcade, Ina, 1981.

L’ange du bizarre

  • by C.EM
  • juin 8th, 2013

Le romantisme noir de Goya à Max Ernst
Au Musée d’Orsay

Carlos Schwabe (1866-1926), La Mort et le fossoyeur, 1900

Carlos Schwabe (1866-1926), La Mort et le fossoyeur, 1900


In extremis je cours au Musée d’Orsay pour voir cette exposition sans trop savoir ce qui m’attend mais en sachant quand même que je devrais y croiser des œuvres de certains peintres qui m’interpellent…toujours.
D’autant plus que le XVIIIème siècle en Europe est une période charnière des plus passionnante, ce qui explique vraisemblablement pourquoi ce courant artistique (« Le romantisme noir ») à pris naissance à ce moment là.

Je vais de souvenir en surprise, comme si ma mémoire avait tout rangé, de l’extrait du film fantastique « Nosferatu – Eine Symphonie des Grauens» de Friedrich Wilhelm Murnau (maître du cinéma expressionniste allemand) – 1922, le « Sabbat des sorcières » d’Eugène Delacroix – 1832, les dessins à l’encre de Victor Hugo : « L’encre, cette noirceur d’où sort la lumière », extrait d’un poème de 1856, les paysages de Caspar David Friedrich, les 6 dessins – lithographies pour « La Tentation de Saint-Antoine » par Odilon Redon – 1889, la découverte d’un peintre belge Léon Spilliaert avec ses paysages filmiques, et pour finir avec les photographies de Brassaï, celles de la ville.

Brassaï : «  La nuit suggère, elle ne montre pas. La nuit nous trouble et nous surprend par son étrangeté ; elle libère des forces en nous qui, le jour, sont dominées par la raison. »

Quelle étrange salle d’ailleurs que cette dernière salle, qui crée un sursaut après l’atmosphère tendue du cheminement dans cette exposition, qui se présente comme un véritable laboratoire d’idées.