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HIROSHI SUGIMOTO

  • by C.EM
  • mai 2nd, 2014

« Aujourd’hui, le monde est mort [Lost Human Genetic Archive] »
« L’Etat du Ciel, partie 2 »
KEIICHIRO SHIBUYA
LIVE CONCERT TO SUPPORT THE PHOTOGRAPHIC IMAGES OF HIROSHI SUGIMOTO

Paris, Palais de Tokyo – Saturday, April 26th 2014 at 17pm

Hiroshi Sugimoto, Keiichiro Shibuya, Palais de Tokyo, Paris
I have made an unexpected and enchanting interlude, a leap in time, at the Palais de Tokyo last Saturday. That day, Hiroshi Sugimoto has invited Keiichiro Shibuya (composer) for a “Concert Projection”, room 37, for the opening of the exhibition.

Photographic images of Hiroshi Sugimoto were presented in two series, which are an on going process of work until now.
The first series is « Theaters (1978 -) » (one of the photograph submitted was taken in this room 37); he photographed former Italian theaters turned  into cinemas, adjusting the exposure time of the camera on the duration of the film.
Keiichiro Shibuya is playing the piano, a laptop to his left, he plays a composition which is like a nostalgic walk in the past, while the laptop runs a metallic sound, I think of the flow of sand in an hourglass … In parallel, the white screens of the cinemas are following one another and you feel as you are caught up in this white area in the middle of an empty cinema room …
Back to the first photograph, it blurs, white screen, this is the end of the first series.

Hiroshi Sugimoto said: « The time, the meaning of time, the passage of time, it is consciousness. We must first look back before imagining the future. Just as it is important to know where does our mind comes from, he explains. We are so far from nature and the origin of things today. « 

The second series « Seascapes (1980 -) » are photographs curiously very vertical, an equal portion of sky and sea, of air and water.
Keiichiro Shibuya is still alone at the piano, waiting and vibration, its music celebrates immensity, the inaccessibility of the horizon, it has a universal emotional dimension.
Pause and applause.
Other photographs follow one another, the rhythm of the piano is synchronized with the movement of the sea, the light is fading, it is dark now, I think of « The Grandmaster » by Wong Kar Wai.
Pause and applause.
« Seascapes » photographs of day, it captures the white light on the sea, all that white becomes gray and then darker, the end; I think of this beautiful exhibition « Revolution », I saw at the Brandhorst Museum in Munich in 2012.

Hiroshi Sugimoto said: « What really means to be alive here and now? « 

Keiichiro Shibuya is a composer and performer of electronic and acoustic music, graduated from the Tokyo National University of Fine Arts and Music. In 2002, he created ATAK, a music label and a group of artists gathering together with music, fashion and design. In addition to his solo projects, he produces music for films, including « Memories of Origin » by Hiroshi Sugimoto (2012).
With « The End » (2013), whose music is completely designed from synthetic sounds, he signed his first opera, staging the vocaloïde Hatsune Miku.

HIROSHI SUGIMOTO

  • by C.EM
  • avril 29th, 2014

« Aujourd’hui, le monde est mort [Lost Human Genetic Archive] »
« L’Etat du Ciel, partie 2 »
KEIICHIRO SHIBUYA
CONCERT LIVE POUR ACCOMPAGNER LES IMAGES PHOTOGRAPHIQUES DE HIROSHI SUGIMOTO

Paris, Le Palais de Tokyo – samedi 26 avril 2014, à 17h

Hiroshi Sugimoto, Keiichiro Shibuya, Palais de Tokyo, Paris

J’ai fait une parenthèse imprévue et enchanteresse, un saut dans le temps, au Palais de Tokyo, samedi dernier. Ce jour là, Hiroshi Sugimoto invitait Keiichiro Shibuya (compositeur et interprète) pour un Concert-Projection, salle 37, pour l’ouverture de l’exposition.

Les images photographiques d’Hiroshi Sugimoto se présentaient en deux séries, sur lesquelles il travaille depuis plus de dix ans.
La première série est « Theaters (1978-) » (dont une des photographies présentée a été prise dans cette salle 37) ; il a photographié des théâtres anciens à l’italienne transformés en salle de cinéma, en réglant le temps de pose de son appareil sur la durée du film.
Keiichiro Shibuya est au piano, un laptop à sa gauche, il joue du piano comme une promenade nostalgique dans le passé tandis que s’écoule du laptop un son métallique, je pense à l’écoulement du sable dans un sablier… En parallèle les écrans blancs de salle de cinéma se succèdent et l’on est comme happé par cette surface au milieu d’une salle vide…
Retour à la photographie première, elle se floute, écran blanc, fin de la première série.

Hiroshi Sugimoto, Keiichiro Shibuya, Palais de Tokyo, Paris

Hiroshi Sugimoto dit : « Le temps, le sens du temps, le passage du temps, c’est la conscience. On doit d’abord regarder en arrière avant d’imaginer le futur. Tout comme il est fondamental de savoir d’où vient notre esprit, explique-t-il. Nous sommes si loin de la nature et de l’origine des choses, aujourd’hui. »

La deuxième série « Seascapes (1980-) », ce sont des photographies curieusement très verticales, une partie égale de ciel et de mer, d’air et d’eau.
Keiichiro Shibuya est toujours seul au piano, attente et vibration, sa musique célèbre l’immensité, l’inaccessibilité de la ligne d’horizon, elle a une dimension émotionnelle universelle.
Pause, applaudissements.
D’autres photographies se succèdent, le rythme du piano se synchronise au mouvement de la mer, la lumière est déclinante, il fait nuit maintenant, je pense à « The Grandmaster » de Wong Kar Wai.
Pause, applaudissements.
« Seascapes » photographies de jour, il capte la lumière blanche sur la mer, tout ce blanc qui devient gris puis de plus en plus sombre, fin ; je pense à cette magnifique exposition « Revolution», que j’ai vu au Brandhorst Museum à Munich en 2012.

Hiroshi Sugimoto dit : « Que signifie réellement être vivant ici et maintenant ? »

Keiichiro Shibuya est un compositeur-interprète de musique électronique et acoustique, diplômé de la Tokyo National University of Fine Arts and Music. En 2002, il crée ATAK, un label de musique et un collectif d’artistes rassemblant musique, mode et design. 

À côté de projets solo, il réalise des musiques de film, notamment pour « Memories of Origin » de Hiroshi Sugimoto (2012). Avec « The End » (2013), dont la musique est entièrement conçue à partir de sons de synthèse, il signe son premier opéra qui met en scène la vocaloïde Hatsune Miku.

Keiichiro Shibuyacrédit photo Keiichiro Shibuya

Van Gogh / Artaud. Le suicidé de la société.

  • by C.EM
  • avril 17th, 2014

Au musée d’Orsay
Du 11 mars au 6 juillet 2014

Ou l’art parisien de l’écran de fumée…

Il faut faire la queue dehors sur l’esplanade du musée d’Orsay balayée par les vents ; et il faudra refaire la queue une fois à l’intérieur pour accéder à l’exposition. Dommage, vous n’avez pas acheté votre billet en ligne pour voir l’exposition tel jour, à telle heure…! Vous ferez alors partie de ceux qui seront comptabilisés et questionnés ; « ça ne vous dérange pas, hein, de remettre ce papier au gardien à la sortie de l’exposition » ?! Et là vous serez chronométré…

Tout ça pour quoi au juste ? Ah oui, Van Gogh/Artaud. Le suicidé de la société. L’exposition s’ouvre sur un montage sonore « Pour en finir avec le jugement de dieu » (22-29 novembre 1947, radio enregistrement), la première salle est consacrée à Antonin Artaud, avec un portrait d’Antonin Artaud par Man Ray, suivent deux salles consacrées à Vincent Van Gogh, puis une dernière salle consacrée aux dessins d’Antonin Artaud (et également Antonin Artaud, comédien, 20 extraits de films).
Je croyais aller voir un parallèle, un dialogue, une confrontation entre deux univers de « deux monstres sacrés ».
Mais le musée d’Orsay ne met justement pas face à face ces « deux artistes maudits ». Je commence « à maudire » cette exposition qui n’est qu’une énième exposition Vincent Van Gogh.
Antonin Artaud, « Van Gogh le suicidé de la société »,
p42 : « Une exposition des tableaux de Van Gogh est toujours une date dans l’histoire,
non dans l’histoire des choses peintes, mais dans l’histoire historique tout court. »

D’ailleurs le public qui est là, lui, ne s’est pas trompé, il y a foule dans les deux salles Van Gogh.

Et Antonin Artaud, alors ? Seul contre tous ?

Je cherche encore les écrits dans cette exposition…

« Paule aux ferrets » 24 mai 1947, dessin d’Antonin Artaud
« Paule aux ferrets » 24 mai 1947, dessin d’Antonin Artaud, musée d'Orsay, Paris

Antonin Artaud, « Van Gogh le suicidé de la société »
Introduction : Antonin Artaud, « Ce dessin représente l’effort que je tente en ce moment pour refaire corps avec l’os des musiques de l’âme » Rodez, septembre 1945. Ces signes jetés sur la page, Artaud les nomme des « notes », au double sens scriptural et musical du terme…

P33 : « Quant à la main cuite, c’est de l’héroïsme pur et simple,
quant à l’oreille coupée, c’est de la logique directe,
et je le répète,
un monde qui, jour et nuit, et de plus en plus, mange l’immangeable,
pour amener sa mauvaise volonté à ses fins,
n’a, sur ce point,
qu’à la boucler. »

P37, Post-Scriptum : « Car c’est la logique anatomique de l’homme moderne, de n’avoir jamais pu vivre, ni penser vivre, qu’en possédé. »

Antonin Artaud, « Le Théâtre de la Cruauté », mars 1946 (Centre Pompidou)

Antonin Artaud, « Le Théâtre de la Cruauté », mars 1946 (Centre Pompidou), musée d'Orsay, Paris

P41 : « La peinture linéaire pure me rendait fou depuis longtemps lorsque j’ai rencontré Van Gogh qui peignait, non pas des lignes ou des formes, mais des choses de la nature inerte comme en pleines convulsions.
Et inertes. »

P43 : « Van Gogh a tiré ces espèces de chants d’orgue, ces feux d’artifice, ces épiphanies atmosphériques, ce « Grand Œuvre » enfin d’une sempiternelle et intempestive transmutation. »

Antonin Artaud, « Sans Titre », janvier 1948 (Centre Pompidou)
Antonin Artaud, « Sans Titre », janvier 1948 (Centre Pompidou), musée d'Orsay, Paris

P47 : «  Je crois que Gauguin pensait que l’artiste doit rechercher le symbole, le mythe, agrandir les choses de la vie jusqu’au mythe,
alors que Van Gogh pensait qu’il faut savoir déduire le mythe des choses les plus terre-à-terre de la vie.
En quoi je pense, moi, qu’il avait foutrement raison.
Car la réalité est terriblement supérieure à toute histoire, à toute fable, à toute divinité, à toute surréalité.
Il suffit d’avoir le génie de savoir l’interpréter.
Ce qu’aucun peintre avant le pauvre Van Gogh n’avait fait,… »

P60 : « Nul n’a jamais écrit ou peint, sculpté, modelé, construit, inventé, que pour sortir en fait de l’enfer. »

Antonin Artaud, autoportrait, Rodez, 11 mai 1946 (Centre Pompidou)
Antonin Artaud, autoportrait, Rodez, 11 mai 1946 (Centre Pompidou), musée d'Orsay, Paris

P71 : « …preuve que Van Gogh a pensé ses toiles comme un peintre, certes, et uniquement comme un peintre, mais qui serait,
par le fait même,
un formidable musicien. »

p87 : « Un fou, Van Gogh ?…
L’œil de Van Gogh est d’un grand génie, mais à la façon dont je le vois me disséquer moi-même du fond de la toile où il a surgi, ce n’est plus le génie d’un peintre que je sens en ce moment vivre en lui, mais celui d’un certain philosophe par moi jamais rencontré dans la vie. »

Introduction des « Lettres à son frère Théo » :
La question est posée : « …Mais que veux tu ? »
Derniers mots de la dernière lettre de Vincent à Théo : « Eh bien ! Mon travail à moi, j’y risque ma vie et ma raison y a fondré à moitié… »

Autoportrait de Vincent Van Gogh, Washington, The National Gallery of Art
Saint-Rémy de Provence, août 1889
Collection of Mr. and Mrs. John Hay Whitney (1998.74.5)
Vincent van Gogh (Dutch, 1853 - 1890 ), Self-Portrait, 1889, oil on canvas, Collection of Mr. and Mrs. John Hay Whitney

BERLIN

  • by C.EM
  • mars 14th, 2014

HAMBURGER BAHNHOF – Invalidenstr. 50-51 – Scheunenviertel

Berlin, Hamburger Bahnhof
Berlin, Hamburger Bahnhof

 Joseph Beuys – Das Ende des 20. Jahrhunderts – 1982-1983
Berlin, Hamburger Bahnhof, J.Beuys

Joseph Beuys – Das Ende des 20. Jahrhunderts – 1982-1983
Berlin, Hamburger Bahnhof, J.Beuys

Anselm Kiefer – Lilith am roten Meer – 1990
Berlin, Hamburger Bahnhof, Anselm Kiefer

Joseph Beuys – Strassenbahnhaltestelle. A monument for the future – 1971
Berlin, Hamburger Bahnhof, J.Beuys

Joseph Beuys – Strassenbahnhaltestelle. A monument for the future – 1971
Berlin, Hamburger Bahnhof, J.Beuys
Berlin, Hamburger Bahnhof
BERLINISCHE GALERIE – Alte Jakobstr. 124-128 – Kreuzberg

Berlin, Berlinische Galerie
Berlin, Berlinische Galerie

Denkmal für die ermordeten Juden Europas – 1997 – concept model -Peter Eisenmann und Richard Serra
Berlin, Berlinische Galerie, Denkmal für die Ermordeten Juden Europas, concept model

HIROSHI SUGIMOTO

  • by C.EM
  • janvier 10th, 2014

« ACCELERATED BUDDHA » (1997-2013)
10 octobre 2013-26 janvier 2014
Fondation Pierre Bergé-Yves Saint-Laurent

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J’ai fait un cheminement à travers le passé, pour trouver l’illumination face au « Buddha » – (28) statue de Juichimen Kannon (époque de Heian, Xe-XIe siècle, bois) ; j’ai traversé un passage, (29) « Sea of Buddha 001-004 » (photographies argentiques sur gélatine) pour me retrouver prisonnière d’une multiplication millionnaire, celle de mille statues de bodhisattva du Sanjûsangendô (Kyoto, XIIe siècle) dans une accélération dont le souffle métallique prendra fin avec le Gong.
J’aime la force de ce qui est dit avec peu d’objets présentés, aller à l’essentiel, choisir les associations avec précision pour que tout sonne juste.

Je retiens (07) « Mandala de Kasuga Wakamiya » associé à (08) « Cinq Divinités Shintô-Bouddhiques de Kasuga »; en solo (09) « Nigetsudô-Yakegyô » (fragment de soûtra brûlé de Nigetsudô).
J’avance jusqu’à (18) Fragments de tissus provenant du Hôryûji associé à (19) Pagode miniature ; je m’arrête devant (23) Five Elements, puis devant (24) Lettre de Jyogyo. La dernière association que je retiens (26) Hokke Mandala et (27) Pagode et Boule de Cristal.

Hiroshi Sugimoto dit : « L’Humanité se rapproche de plus en plus d’un état d’illumination perpétuelle, où le cycle de la naissance et de la mort n’aura plus cours. »

 

A TRIPLE TOUR – Collection PINAULT

  • by C.EM
  • novembre 15th, 2013

A la Conciergerie
Du 21 octobre 2013 au 6 janvier 2014

Après avoir fait le tour de l’exposition, tournant dans le labyrinthe des piliers et des œuvres exposées, sous la voûte gothique de la Conciergerie, je me suis demandée ce que je faisais là !
Je suis venue parce qu’à l’été 2010, j’étais à Venise et j’ai visité la Fondation François Pinault, à La Punta Della Dogana ; j’ai vraiment aimé une grande partie des œuvres qui étaient présentées, mais aussi le lieu, des anciens entrepôts rénovés par l’architecte japonais Tadao Ando, un lieu incroyable comme en dedans et en dehors du temps.

Après réflexion j’ai trouvé un intérêt à cette exposition très parisienne et politiquement correcte, qui s’ouvre sur une œuvre de Michelangelo Pistoletto « La Gabbia » (La Cage), une installation de miroirs, être enfermé ou pas, ouvrir ou fermer les yeux ?
La question n’est donc pas d’aimer ou non les œuvres présentées, mais de les découvrir ou redécouvrir ; comme « Hall of Whispers » – 1995, ces vidéos de Bill Viola, qui sont toujours à mes yeux, d’une extrême actualité.

J’ai découvert les peintures de Julie Mehretu, « Invisible Sun » – 2012 et « Chimera » – 2013, qui sont comme des strates urbaines où l’individu se perd.

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Et vu pour la première fois des œuvres de Chen Zen, dont « La Voie du Sommeil – Sleeping Tao », œuvre essentielle, qui résume à elle seule des siècles de l’histoire de la Chine.

Toutes les œuvres présentées contiennent violence et questions, la question de l’enfermement amène la question de la vie et de la mort de l’individu et de l’humanité.« A Triple Tour », « Panic Room » temporaire, nul besoin de passer une camisole, mais vous laisserez-vous déranger par ce panorama du XXIème siècle, atteindre par la vision intime d’un artiste ?
Après l’exposition «L’Art à l’épreuve du monde», au Depoland à Dunkerque, sur le thème du chaos et de la mort, suivie de celle à Paris sur l’enfermement, parions que la prochaine présentation d’œuvres de la Collection Pinault célèbrera la Vie !