ArchiveMonthly

JOCHO YAMAMOTO – HAGAKURE Le Livre secret des Samouraïs

  • by C.EM
  • novembre 16th, 2015

« Le Hagakuré » doit son originalité au fait que c’est une retranscription de maximes transmises oralement par un moine (ancien samouraï), Jocho Yamamoto (1659-1719) retiré du monde. Pendant plus de cent cinquante ans, ce texte resta secret et devint pour les Daimyo et tous les Samouraïs du clan Nabeshima un manuel d’instruction morale. Ils ne voulaient pas le divulguer et ce n’est qu’à la restauration Meiji (1868) qu’il fut connu du public.

P18
Le Moine Tannen avait coutume de dire « les gens ont fini par ne plus rien comprendre parce que les prêtres n’enseignent plus que la doctrine du « Mushin ». Ce que l’on appelle Mushin, c’est un esprit sans tâche et sans complication. Ceci est intéressant ».
Le seigneur Sanenori disait « Au sein d’un souffle où la perversité ne trouve pas sa place, est la VOIE ». Si cela est vrai, la Voie est une. Mais personne ne peut comprendre cette évidence de premier abord.
La pureté ne s’obtient pas sans effort.

Anselm Kiefer – L’alchimie du livre

  • by C.EM
  • novembre 13th, 2015

ANSELM KIEFER
L’alchimie du livre

20 octobre 2015 – 7 février 2016
Galerie 2
BnF – François Mitterrand – Quai François Mauriac 75013 Paris

Anselm Kiefer a déménagé partiellement sa bibliothèque à la BnF et nous propose une incursion dans son univers secret, là où il travaille, au milieu des livres…
Je franchis le tourniquet et me retrouve dans une seule salle blanche immense, les œuvres sont présentées comme orientées avec une boussole, Nord-Sud et Est-Ouest, au centre des vitrines horizontales en ligne.
A l’entrée, il y a de chaque côté, des étagères métalliques et dessus des livres, des boites, des phrases inscrites sur les boites et les livres…

Anselm Kiefer, Wer Jetzt Kein Haus Hat..., L'alchimie du Livre, BnF François Mitterrand, Paris, Tendance Culture

The secret life of plants
Nausikaa
Himmlisches Jerusalem
WER JETZT KEIN HAUS HAT…

D’après le poème de Rainer Maria Rilke :
Herbsttag
Herr, es ist Zeit. Der Sommer war sehr groß.
Leg deinen Schatten auf die Sonnenuhren,
und auf den Fluren lass die Winde los.

Befiehl den letzten Früchten, voll zu sein;
gib ihnen noch zwei südlichere Tage,
dränge sie zur Vollendung hin, und jage
die letzte Süße in den schweren Wein.

Wer jetzt kein Haus hat, baut sich keines mehr.
Wer jetzt allein ist, wird es lange bleiben,
wird wachen, lesen, lange Briefe schreiben
und wird in den Alleen hin und her
unruhig wandern, wenn die Blätter treiben.

Ce poème « Herbsttag » de Rainer Maria Rilke, appelle un autre poème plus sombre, celui de Georg Trakl :

Der Herbst des Einsamen
Der dunkle Herbst kehrt ein voll Frucht und Fülle,
Vergilbter Glanz von schönen Sommertagen.
Ein reines Blau tritt aus verfallener Hülle;
Der Flug der Vögel tönt von alten Sagen.

Gekeltert ist der Wein, die milde Stille
Erfüllt von leiser Antwort dunkler Fragen.

Und hier und dort ein Kreuz auf ödem Hügel ;
Im roten Wald verliert sich eine Herde.
Die Wolke wandert übern Weiherspiegel;
Es ruht des Landmanns ruhige Geberde.
Sehr leise rührt des Abends blauer Flügel
Ein Dach von dürrem Stroh, die schwarze Erde.

Bald nisten Sterne in des Müden Brauen;
In kühle Stuben kehrt ein still Bescheiden
Und Engel treten leise aus den blauen
Augen der Liebenden, die sanfter leiden.
Es rauscht das Rohr; anfällt ein Knöchern Grauen,
Wenn schwarz der Tau tropft von den kahlen Weiden.

Dans les vitrines au milieu des étagères à gauche, je retiens :

Anselm Kiefer, Der Rhein, L'alchimie du Livre, BnF François Mitterrand, Paris, Tendance Culture

Der Rhein – 1983
Pour Jean Genet – 1969

En commençant à gauche et en tournant dans le sens des aiguilles d’une montre :

Nigredo – 1998
La Lettre Perdue – Der Verlorene Buchstabe – 2012
« EMET » en hébreu veut dire « Vérité »
« MET » en hébreu veut dire « Mort »

La vie secrète des plantes – 2001 (Robert Fludd, penseur anglais du XVIIe siècle – chaque plante sur terre a son équivalent sous forme d’étoiles).

Les deux peintures qui sont face à face dans la salle blanche :
Le Livre – 2007
L’idée du livre comme symbole du savoir immuable et d’élévation spirituelle, selon la mystique judaïque.
Et
Für MH – Lichtung – 2015

Praxilla – 2004
Sappho – 2008
Erinna – 2006

Anselm Kiefer, Shevirat-ha-Kelim, L'alchimie du Livre, BnF François Mitterrand, Paris, Tendance Culture

Shevirat-Ha-Kelim – Bruch der Gefässe – 2015
Ces livres en plomb et verre brisé, terminé sur place par Anselm Kiefer, symbolise le mythe kabbalistique de la création divine selon Isaac Louria (rabbin et kabbaliste du XVIe siècle, penseur du mysticisme juif et fondateur de l’école kabbalistique de Safed).

Dans les vitrines centrales, en partant de la grande peinture « Le Livre », je retiens :
Ligne 1
Für Heinrich Heine – 2014
Die Marmorblasse Maid

Ligne 2
Die Wolkensäule – 2015
Tanderadei – 2013

Ligne 5

Anselm Kiefer, Für Martin Heidegger - Todtnauberg, L'alchimie du Livre, BnF François Mitterrand, Paris, Tendance Culture
Für Martin Heidegger – Todtnauberg (poème de Paul Celan, qui est allé à Todtnauberg pour rencontrer Martin Heidegger, en 1967) – 2010-2014
Das Lied von der Zeder – Für Paul Celan – 2005
Für Paul Celan – Halme der Nacht – 2005

Ligne 6
Velimir Khlebnikov (poète russe) – Zeit, Mass der Welt. Band I – 1996
L’origine du monde – 2004
Le temps circulaire des astres des mers et des femmes (citation de Michelet,cf. Michelet. Essais Littéraires. de Roland Barthes) – Die Kreisende Zeit der Gestirne der Meere und der Frauen – 2006
Cette citation était écrite au fusain dans l’une des maisons que Anselm Kiefer avait réalisée pour MONUMENTA 2007.

Anselm Kiefer, Die Kreisende Zeit der Gestirne der Meere und der Frauen, L'alchimie du Livre, BnF François Mitterrand, Paris, Tendance Culture

Je me suis toujours sentie en terrain familier devant les œuvres de Anselm Kiefer, car son travail passe par la reconnaissance et la lecture de l’histoire, par les livres et par la nature.Les livres justement qui me fascinent tant, avec leur matière, leur sujet et leur format, du recueil de conte illustré aux grands livres, comme j’aimerai pouvoir assister à la création d’un de ces livres…
Entre la rétrospective de l’année dernière à la Royal Academy of Arts de Londres, cette exposition à la BnF et celle à venir au Centre Pompidou, ma curiosité pour le travail magnétique de Anselm Kiefer va être satisfaite !

Anselm Kiefer a dit : « Quand je peins, c’est la guerre dans ma tête, j’hésite sur les directions à prendre, les choix à faire. J’aime cette phrase de Paul Klee qui disait que lorsqu’on a fini un tableau on en a laissé tomber cent autres… »