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GEORG BASELITZ – Damals, dazwischen und heute

  • by C.EM
  • décembre 30th, 2014

Exposition qui s’étend sur les quinze dernières années
Jusqu’au 1er février 2015 – Haus der Kunst, Munich

Je suis toujours agréablement surprise par les expositions présentées à la Haus der Kunst, ce sont plutôt des rétrospectives, cohérentes et de qualité.
L’exposition s’articule autour de 12 salles.
Je retrouve ici le thème de l’aigle que j’aime particulièrement, où l’inversion du motif a plus de sens et de force que pour ses portrait et personnages. « Fingermalerei – Adler », 1972, introduit le motif central de l’aigle.
La nouvelle série des « Schwarzen Bilder » 2011-2013, (très appréciée de Peter Marino), est ici présentée avec ses sculptures monumentales de personnages en bronze patiné noir (qui ont été exposées à la galerie Thaddaeus Ropac de Pantin).

Salle 1
« Adler » (Aigle), 1977

Georg Baselitz, Damals, dazwischen und heute, Haus der Kunst, Munich

Salle 2
Dans cette salle sont présentées huit « Schwarzen Bilder » 2011-2013 et deux sculptures monumentales de personnages en bronze patiné noir « Zero Ende », 2014 et « BDM Gruppe » (en souvenir de sa sœur, qui était membre du BDM Bund Deutscher Mädel), 2012.
La sculpture « Zero Ende » est en écho à la peinture « Hembel », 2004. Ici, la tête de mort est un point final dramatique.

« Ich esse Stenk », 2013
« Niemandsland », 2011-2013
Le motif et l’arrière plan sombre s’attirent et se repoussent, dans une direction plus radicale.

Salle 3
« Elke negativ blau », 2012
Je trouve ces peintures sur fond noir particulièrement réussies, elles ont une dimension onirique et fantomatique.

« Blauer Baum P.M. », 2009

Salle 4
Salle 5
« Unvergesen damals », 2009

Salle 6
Salle 7
Salle 8
Salle 9

Georg Baselitz, Damals, dazwischen und heute, Haus der Kunst, Munich

« Aarhus ist ein schönes Land », 2011, fait partie d’une série de peintures monumentales verticales réalisées en 2011, qui représentent une partie du corps dans les tons de blanc et gris, ou un buste, la tête de semi-profil, les bras le long du corps et le tout de façon plutôt abstraite et traversé de lignes noires comme un « remix ».

« Yellow Song », 2013, sculpture en bronze patiné noir.

Salle 10
Salle 11
Salle 12
La salle des aigles, ces peintures sont dans les tons sombres de gris, marron et bleu, la tension est dans la force du trait.
« Adler », 1977-1978
« Adler », 1978, plus grand format.

"Adler", 1978, Georg Baselitz, Damals, dazwischen und heute, Haus der Kunst, Munich

CAMILLE HENROT – The Pale Fox

  • by C.EM
  • décembre 16th, 2014

Installation « The Pale Fox »
Pièce sonore composée par Joakim, 18’, 2014
Jusqu’au 20 décembre 2014 – Bétonsalon, Paris

« The Pale Fox » ou le dieu Ogo des Dogons d’Afrique de l’Ouest (il représente le chaos mais également la création) ou selon Camille Henrot « Ce caillou qui traîne dans la chaussure ». « The Pale Fox », pour cette œuvre, elle a fait des recherches et des rencontres au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris.

Est
Air
Naissance
Le principe de l’être : où tout commence

Sud
Eau
Enfance – adolescence
La loi de la continuité : où tout se développe

Ouest
Terre
Age adulte
Le principe de raison suffisante : là où sont les limites

Nord
Feu
Vieillesse
Le principe des indiscernables : là où les choses s’altèrent ou/et disparaissent

Camille Henrot, The Pale Fox, Bétonsalon, Paris

Ici je me tiens devant l’entrée d’une pièce rectangulaire dans sa longueur et bleue, bleue Klein.
Une jeune femme me dit : « Il faut commencer à gauche, à gauche là où il y a le portrait du bébé ».
Puis elle reste là et commence à faire fonctionner un serpent qui avance au centre de la pièce.
Il y a un fond sonore « ambient » entrecoupé de quintes de toux et d’éternuements.

Il y a là, des éléments divers, une impression numérique d’un visage de bébé, un livre, des œufs de manchot royal, un livre, des dessins à l’encre de chine, des sculptures en bronze, un amas d’objets, d’images et de cadres numériques, une pile de journaux, encore des bronzes, une rampe en aluminium et papier, des images, des posters…
Je vois le dénuement de la naissance et de la fin. Je ris devant le désordre accumulé de l’adolescence et je passe devant les limites de l’âge adulte.

J’avais aimé « Peut-on être révolutionnaire et aimer les fleurs ? » (2012), ici il y a une nouvelle cartographie de l’humain, quelque chose d’inachevé et de fracturé.
L’œuvre de Camille Henrot est bancale et complexe.
Il y a du Louise Bourgeois chez Camille Henrot…

Cf. The Pale Fox, étude anthropologique du peuple Dogon d’Afrique de l’Ouest, publiée en 1965 par Marcel Griaule et Germaine Dieterlen.