HIROSHI SUGIMOTO

  • par C.EM
  • avril 29, 2014

« Aujourd’hui, le monde est mort [Lost Human Genetic Archive] »
« L’Etat du Ciel, partie 2 »
KEIICHIRO SHIBUYA
CONCERT LIVE POUR ACCOMPAGNER LES IMAGES PHOTOGRAPHIQUES DE HIROSHI SUGIMOTO

Paris, Le Palais de Tokyo – samedi 26 avril 2014, à 17h

Hiroshi Sugimoto, Keiichiro Shibuya, Palais de Tokyo, Paris

J’ai fait une parenthèse imprévue et enchanteresse, un saut dans le temps, au Palais de Tokyo, samedi dernier. Ce jour là, Hiroshi Sugimoto invitait Keiichiro Shibuya (compositeur et interprète) pour un Concert-Projection, salle 37, pour l’ouverture de l’exposition.

Les images photographiques d’Hiroshi Sugimoto se présentaient en deux séries, sur lesquelles il travaille depuis plus de dix ans.
La première série est « Theaters (1978-) » (dont une des photographies présentée a été prise dans cette salle 37) ; il a photographié des théâtres anciens à l’italienne transformés en salle de cinéma, en réglant le temps de pose de son appareil sur la durée du film.
Keiichiro Shibuya est au piano, un laptop à sa gauche, il joue du piano comme une promenade nostalgique dans le passé tandis que s’écoule du laptop un son métallique, je pense à l’écoulement du sable dans un sablier… En parallèle les écrans blancs de salle de cinéma se succèdent et l’on est comme happé par cette surface au milieu d’une salle vide…
Retour à la photographie première, elle se floute, écran blanc, fin de la première série.

Hiroshi Sugimoto, Keiichiro Shibuya, Palais de Tokyo, Paris

Hiroshi Sugimoto dit : « Le temps, le sens du temps, le passage du temps, c’est la conscience. On doit d’abord regarder en arrière avant d’imaginer le futur. Tout comme il est fondamental de savoir d’où vient notre esprit, explique-t-il. Nous sommes si loin de la nature et de l’origine des choses, aujourd’hui. »

La deuxième série « Seascapes (1980-) », ce sont des photographies curieusement très verticales, une partie égale de ciel et de mer, d’air et d’eau.
Keiichiro Shibuya est toujours seul au piano, attente et vibration, sa musique célèbre l’immensité, l’inaccessibilité de la ligne d’horizon, elle a une dimension émotionnelle universelle.
Pause, applaudissements.
D’autres photographies se succèdent, le rythme du piano se synchronise au mouvement de la mer, la lumière est déclinante, il fait nuit maintenant, je pense à « The Grandmaster » de Wong Kar Wai.
Pause, applaudissements.
« Seascapes » photographies de jour, il capte la lumière blanche sur la mer, tout ce blanc qui devient gris puis de plus en plus sombre, fin ; je pense à cette magnifique exposition « Revolution», que j’ai vu au Brandhorst Museum à Munich en 2012.

Hiroshi Sugimoto dit : « Que signifie réellement être vivant ici et maintenant ? »

Keiichiro Shibuya est un compositeur-interprète de musique électronique et acoustique, diplômé de la Tokyo National University of Fine Arts and Music. En 2002, il crée ATAK, un label de musique et un collectif d’artistes rassemblant musique, mode et design. 

À côté de projets solo, il réalise des musiques de film, notamment pour « Memories of Origin » de Hiroshi Sugimoto (2012). Avec « The End » (2013), dont la musique est entièrement conçue à partir de sons de synthèse, il signe son premier opéra qui met en scène la vocaloïde Hatsune Miku.

Keiichiro Shibuyacrédit photo Keiichiro Shibuya

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