ArchiveMonthly

HIROSHI SUGIMOTO

  • by C.EM
  • avril 29th, 2014

« Aujourd’hui, le monde est mort [Lost Human Genetic Archive] »
« L’Etat du Ciel, partie 2 »
KEIICHIRO SHIBUYA
CONCERT LIVE POUR ACCOMPAGNER LES IMAGES PHOTOGRAPHIQUES DE HIROSHI SUGIMOTO

Paris, Le Palais de Tokyo – samedi 26 avril 2014, à 17h

Hiroshi Sugimoto, Keiichiro Shibuya, Palais de Tokyo, Paris

J’ai fait une parenthèse imprévue et enchanteresse, un saut dans le temps, au Palais de Tokyo, samedi dernier. Ce jour là, Hiroshi Sugimoto invitait Keiichiro Shibuya (compositeur et interprète) pour un Concert-Projection, salle 37, pour l’ouverture de l’exposition.

Les images photographiques d’Hiroshi Sugimoto se présentaient en deux séries, sur lesquelles il travaille depuis plus de dix ans.
La première série est « Theaters (1978-) » (dont une des photographies présentée a été prise dans cette salle 37) ; il a photographié des théâtres anciens à l’italienne transformés en salle de cinéma, en réglant le temps de pose de son appareil sur la durée du film.
Keiichiro Shibuya est au piano, un laptop à sa gauche, il joue du piano comme une promenade nostalgique dans le passé tandis que s’écoule du laptop un son métallique, je pense à l’écoulement du sable dans un sablier… En parallèle les écrans blancs de salle de cinéma se succèdent et l’on est comme happé par cette surface au milieu d’une salle vide…
Retour à la photographie première, elle se floute, écran blanc, fin de la première série.

Hiroshi Sugimoto, Keiichiro Shibuya, Palais de Tokyo, Paris

Hiroshi Sugimoto dit : « Le temps, le sens du temps, le passage du temps, c’est la conscience. On doit d’abord regarder en arrière avant d’imaginer le futur. Tout comme il est fondamental de savoir d’où vient notre esprit, explique-t-il. Nous sommes si loin de la nature et de l’origine des choses, aujourd’hui. »

La deuxième série « Seascapes (1980-) », ce sont des photographies curieusement très verticales, une partie égale de ciel et de mer, d’air et d’eau.
Keiichiro Shibuya est toujours seul au piano, attente et vibration, sa musique célèbre l’immensité, l’inaccessibilité de la ligne d’horizon, elle a une dimension émotionnelle universelle.
Pause, applaudissements.
D’autres photographies se succèdent, le rythme du piano se synchronise au mouvement de la mer, la lumière est déclinante, il fait nuit maintenant, je pense à « The Grandmaster » de Wong Kar Wai.
Pause, applaudissements.
« Seascapes » photographies de jour, il capte la lumière blanche sur la mer, tout ce blanc qui devient gris puis de plus en plus sombre, fin ; je pense à cette magnifique exposition « Revolution», que j’ai vu au Brandhorst Museum à Munich en 2012.

Hiroshi Sugimoto dit : « Que signifie réellement être vivant ici et maintenant ? »

Keiichiro Shibuya est un compositeur-interprète de musique électronique et acoustique, diplômé de la Tokyo National University of Fine Arts and Music. En 2002, il crée ATAK, un label de musique et un collectif d’artistes rassemblant musique, mode et design. 

À côté de projets solo, il réalise des musiques de film, notamment pour « Memories of Origin » de Hiroshi Sugimoto (2012). Avec « The End » (2013), dont la musique est entièrement conçue à partir de sons de synthèse, il signe son premier opéra qui met en scène la vocaloïde Hatsune Miku.

Keiichiro Shibuyacrédit photo Keiichiro Shibuya

Van Gogh / Artaud. Le suicidé de la société.

  • by C.EM
  • avril 17th, 2014

Au musée d’Orsay
Du 11 mars au 6 juillet 2014

Ou l’art parisien de l’écran de fumée…

Il faut faire la queue dehors sur l’esplanade du musée d’Orsay balayée par les vents ; et il faudra refaire la queue une fois à l’intérieur pour accéder à l’exposition. Dommage, vous n’avez pas acheté votre billet en ligne pour voir l’exposition tel jour, à telle heure…! Vous ferez alors partie de ceux qui seront comptabilisés et questionnés ; « ça ne vous dérange pas, hein, de remettre ce papier au gardien à la sortie de l’exposition » ?! Et là vous serez chronométré…

Tout ça pour quoi au juste ? Ah oui, Van Gogh/Artaud. Le suicidé de la société. L’exposition s’ouvre sur un montage sonore « Pour en finir avec le jugement de dieu » (22-29 novembre 1947, radio enregistrement), la première salle est consacrée à Antonin Artaud, avec un portrait d’Antonin Artaud par Man Ray, suivent deux salles consacrées à Vincent Van Gogh, puis une dernière salle consacrée aux dessins d’Antonin Artaud (et également Antonin Artaud, comédien, 20 extraits de films).
Je croyais aller voir un parallèle, un dialogue, une confrontation entre deux univers de « deux monstres sacrés ».
Mais le musée d’Orsay ne met justement pas face à face ces « deux artistes maudits ». Je commence « à maudire » cette exposition qui n’est qu’une énième exposition Vincent Van Gogh.
Antonin Artaud, « Van Gogh le suicidé de la société »,
p42 : « Une exposition des tableaux de Van Gogh est toujours une date dans l’histoire,
non dans l’histoire des choses peintes, mais dans l’histoire historique tout court. »

D’ailleurs le public qui est là, lui, ne s’est pas trompé, il y a foule dans les deux salles Van Gogh.

Et Antonin Artaud, alors ? Seul contre tous ?

Je cherche encore les écrits dans cette exposition…

« Paule aux ferrets » 24 mai 1947, dessin d’Antonin Artaud
« Paule aux ferrets » 24 mai 1947, dessin d’Antonin Artaud, musée d'Orsay, Paris

Antonin Artaud, « Van Gogh le suicidé de la société »
Introduction : Antonin Artaud, « Ce dessin représente l’effort que je tente en ce moment pour refaire corps avec l’os des musiques de l’âme » Rodez, septembre 1945. Ces signes jetés sur la page, Artaud les nomme des « notes », au double sens scriptural et musical du terme…

P33 : « Quant à la main cuite, c’est de l’héroïsme pur et simple,
quant à l’oreille coupée, c’est de la logique directe,
et je le répète,
un monde qui, jour et nuit, et de plus en plus, mange l’immangeable,
pour amener sa mauvaise volonté à ses fins,
n’a, sur ce point,
qu’à la boucler. »

P37, Post-Scriptum : « Car c’est la logique anatomique de l’homme moderne, de n’avoir jamais pu vivre, ni penser vivre, qu’en possédé. »

Antonin Artaud, « Le Théâtre de la Cruauté », mars 1946 (Centre Pompidou)

Antonin Artaud, « Le Théâtre de la Cruauté », mars 1946 (Centre Pompidou), musée d'Orsay, Paris

P41 : « La peinture linéaire pure me rendait fou depuis longtemps lorsque j’ai rencontré Van Gogh qui peignait, non pas des lignes ou des formes, mais des choses de la nature inerte comme en pleines convulsions.
Et inertes. »

P43 : « Van Gogh a tiré ces espèces de chants d’orgue, ces feux d’artifice, ces épiphanies atmosphériques, ce « Grand Œuvre » enfin d’une sempiternelle et intempestive transmutation. »

Antonin Artaud, « Sans Titre », janvier 1948 (Centre Pompidou)
Antonin Artaud, « Sans Titre », janvier 1948 (Centre Pompidou), musée d'Orsay, Paris

P47 : «  Je crois que Gauguin pensait que l’artiste doit rechercher le symbole, le mythe, agrandir les choses de la vie jusqu’au mythe,
alors que Van Gogh pensait qu’il faut savoir déduire le mythe des choses les plus terre-à-terre de la vie.
En quoi je pense, moi, qu’il avait foutrement raison.
Car la réalité est terriblement supérieure à toute histoire, à toute fable, à toute divinité, à toute surréalité.
Il suffit d’avoir le génie de savoir l’interpréter.
Ce qu’aucun peintre avant le pauvre Van Gogh n’avait fait,… »

P60 : « Nul n’a jamais écrit ou peint, sculpté, modelé, construit, inventé, que pour sortir en fait de l’enfer. »

Antonin Artaud, autoportrait, Rodez, 11 mai 1946 (Centre Pompidou)
Antonin Artaud, autoportrait, Rodez, 11 mai 1946 (Centre Pompidou), musée d'Orsay, Paris

P71 : « …preuve que Van Gogh a pensé ses toiles comme un peintre, certes, et uniquement comme un peintre, mais qui serait,
par le fait même,
un formidable musicien. »

p87 : « Un fou, Van Gogh ?…
L’œil de Van Gogh est d’un grand génie, mais à la façon dont je le vois me disséquer moi-même du fond de la toile où il a surgi, ce n’est plus le génie d’un peintre que je sens en ce moment vivre en lui, mais celui d’un certain philosophe par moi jamais rencontré dans la vie. »

Introduction des « Lettres à son frère Théo » :
La question est posée : « …Mais que veux tu ? »
Derniers mots de la dernière lettre de Vincent à Théo : « Eh bien ! Mon travail à moi, j’y risque ma vie et ma raison y a fondré à moitié… »

Autoportrait de Vincent Van Gogh, Washington, The National Gallery of Art
Saint-Rémy de Provence, août 1889
Collection of Mr. and Mrs. John Hay Whitney (1998.74.5)
Vincent van Gogh (Dutch, 1853 - 1890 ), Self-Portrait, 1889, oil on canvas, Collection of Mr. and Mrs. John Hay Whitney

BERTRAND BURGALAT + AS DRAGON

  • by C.EM
  • avril 15th, 2014

1ère partie : + LA FELINE (solo) + ALICE LEWIS
Paris, La Maroquinerie – samedi 12 avril 2014

Bertrand Burgalat, La Maroquinerie, Paris, 12 avril 2014

Je vous invite à regarder la boucle de ceinture en strass, il y a écrit … « BERT » !
Bertrand Burgalat, La Maroquinerie, Paris, 12 avril 2014

Bertrand Burgalat, La Maroquinerie, Paris, 12 avril 2014
Allez voir Bertrand Burgalat et les AS Dragon sur scène, c’est chic, aristocratique, snob ?!
J’assume ! Il faut dire qu’ils ont une liberté et une symbiose, chanteur et musiciens, ça balance, et « Follow Me » reprise d’Amanda Lear, lui va si bien à Bertrand.
Voilà, Bertrand Burgalat, c’est cash et classe, parisien et français, cultivé et avant-gardiste, hors normes en tout cas.
Il commence son concert par un « Bonsoir les amis » et enchaîne les titres, « Nous étions heureux » (nous ne le savions pas !), « Good bye my Love », « Survêt vert et mauve » (fluo !), « La rose de Sang », « By Hemingway », le tout entrecoupé de « On arrive ! » problème de synchro avec les musiciens! Ou de « Pas d’allergie aux plumes ?! Tout va bien » (ceux qui étaient au concert comprendrons!) et de « On va le faire méchant maintenant ! » pour les deux derniers titres « Follow Me » et « Bardot’s Dance »… Bertrand Burgalat comme un boxeur cool, donne le tempo et le mot, électro, rock, jazzy. Il finit son concert avec des combo, Bertrand Burgalat + Alice Lewis « La nuit », Bertrand Burgalat + La Féline et Bertrand Burgalat + Fathi.
Il aurait bien continué plus longtemps, de toute façon il ne fait pas de rappel ! Mais la loi sonne le glas, 23h10 c’est finit…

Bertrand Burgalat + Alice Lewis, La Maroquinerie, Paris, 12 avril 2014Bertrand Burgalat + Alice Lewis

Bertrand Burgalat + La Féline, La Maroquinerie, Paris, 12 avril 2014Bertrand Burgalat + La Féline

Bertrand Burgalat + Fathi, La Maroquinerie, Paris, 12 avril 2014Bertrand Burgalat + Fathi

Bertrand Burgalat a fondé son Label Tricatel en 1995, son premier album solo est « The Ssssound of music », son dernier album « Toutes Directions » 2012. Il a travaillé avec Einstürzende Neubauten, ou encore avec Samy Birnbach (de Minimal Compact). Il a signé également de nombreux remixes dont des titres de Depeche Mode, Jamiroquai ou Air, et des musiques de films.

Interview mit Kangding Ray

  • by C.EM
  • avril 4th, 2014

Paris, den 5.Februar 2014 (über Skype)
Anlässlich der Veröffentlichung seines neuen Album « Solens Arc », können Sie ein Interview von David Letellier a.k.a. Kangding Ray entdecken.

Mit « Amber Decay » der ersten Single aus Ihrem neuen Album « Solens Arc » zitieren Sie Noam Chomsky : « It only makes sense to seek out and identify structures of authority, hierarchy and domination in every aspect of life, and to challenge them ; unless a justification for them can be given, they are illegitimate, and should be dismantled, to increase the scope of human freedom. »
(« Chomsky on Anarchism » (AK presse), PARTIE 7: « Anarchism, Marxism, and hope for the future » (1995))

C : Was haben Sie dazu sich gebracht für die Arbeiten von Noam Chomsky zu interessieren ?

KR : Ich habe mich nicht von Noam Chomsky inspirieren lassen um das Stück zu machen, dieser Verweis ist einfach später gekommen, um den Sinn des Videos zu illustrieren. Das Video handelt vom Thema der Ästhetik, der Ordnung und zeigt wie Unterdrückungssystemen die Schönheit von Serialität produzieren können. Es gibt zwei Leseniveaus: das ästhetische Niveau welches die geometrische Abstraktion von Körpern in perfekt synchronisierter Bewegung ist, und das versteckte Niveau, das eigentlich die politische Unterdrückung ist. Die Bilder sind aus dem Arirang entnommen: einer riesigen Vorstellung von synchronisiertem Tanz und Gymnastik die jedes Jahr in Nord-Korea stattfindet. Aber das Video ist keine spezifische Kritik des nordkoreanischen politischen Systems, es hat eine breitere Bedeutung, die man auf alle Kontrollsysteme der Massen anwenden kann, gleich ob diese politisch oder medial sind.

C : Ich habe den Eindruck dass die USA eine Quelle der Inspiration sind (das ist in Ihrem Werk präsent), ich denke zum Beispiel an « Pruitt Igoe »?

KR : Der Zufall will, dass « Pruitt Igoe »in den USA war, aber die Ideen des architektonische Modernismus, dessen Ende er gekennzeichnet hat, sind überall in der Welt erprobt worden.
Die Tatsache, dass dieses Projekt in den USA verwirklicht wurde, war vielleicht eine Art Katalysator, um ein noch spektakuläreres Ende zu schaffen, und vor allem ein viel heftigeres. Aber auch hier kann man einen globaleren Ausdruck finden, eine Parallele zwischen der theoretischen Schönheit der modernistischen Ideale und dem faschistischen und totalitären Charakter, den diese Bewegung manchmal getragen hat.

« Pruitt Igoe » war eine sehr große Einheit von Sozialwohnungen, eine in Saint-Louis, Missouri, gebaute neue Stadt, als eine ideale Stadt nach dem Vorgaben des Modernismus von Le Corbusier, wie viele andere Grobprojekte nach dem Krieg. Das Projekt wurde von dem Architekten Yamasaki entwickelt, der später das World Trade Center baute, dessen die spektakuläres Ende man kennt. Die Grundidee war sehr positiv und optimistisch, mit vielen Gemeinschaftsräumen und Grünflächen, und einer großen sozialen und Rassenmischung.

Kurz nach der Eröffnung, wurde der Ort eine Hölle, die Kriminalität stieg schwindelerregend an , die Gemeinschaftsflächen wurden unbrauchbar und gefährlich, und nach ein paar Jahren, waren alle weißen Mieter geflohen. Die Stadt wurde schließlich in den frühen 70er Jahren abgerissen, als die meisten Gebäude schon seit Jahren verlassen waren. Man kann die unglaublichen Bilder dieser leeren Gebäude in dem Film “Koyaanisqatsi” von Godfrey Reggio sehen.
Der schnelle und heftige Verfall dieses Projektes wurde dann als das Ende der modernen Epoche in der Architektur und als das Signal für den Anfang der post-modernen Ära gesehen.

C : Dass jeder seinen Platz mit gleichen Rechten und Pflichten findet, das ist eine Utopie, oder ?

KR : Ich bin nicht sicher, ob Noam Chomsky genau dies ausdrucken will, ich bin kein Spezialist für Chomsky und ich kenne nicht sein gesamtes Werk aber er interessiert mich besonders für seine Äußerungen zum Anarchismus, der freiwilligen Unterwerfung und der künstlichen Schaffung einer Autorität durch die Einrichtung eines kontrollierten “Star-Systems”.
Um auf Ihre Frage zurückzukommen, jede Utopie ist meiner Meinung nach gut, und die Tatsache, dass eine Idee zu gut ist um realisierbar zu sein, macht sie noch stärker. Die Ideen, die es sich lohnt zu verfolgen, sind meistens die Ideen, die noch nicht realisiert sind, und vor allem diejenigen, die als nicht realisierbar betrachtet werden.

C : Haben Sie Ihren Platz oder mindestens ein Gleichgewicht gefunden, und vielleicht haben Sie diese Gleichheit Ihrer Rechte und Ihrer Verantwortung in Deutschland leichter gefunden als in Frankreich?

KR : Ich mache keine Apologie des deutschen Systems, es hat seine Stärken und Schwächen, und übrigens kann man die Situation in Berlin nicht für ganz Deutschland verallgemeinern, die meisten Leute sind sich darüber einig dass Berlin nicht wirklich Deutschland ist. Ich habe mein Gleichgewicht in dieser Stadt gefunden, der Rhythmus und der Lebensstil passen zu mir. Die Situation als Ausländer ist ziemlich bequem, da man nicht reagieren muss und nicht ständig jeder täglichen Polemik Position beziehen muss, , man kann sich als “Outsider” platzieren, und sich Zeit nehmen und die Situation aus der Weite abschätzen. Hier können die Sachen etwas langsamer sein, etwas provinzieller und vor allem weniger angespannt, weniger konzentriert auf das Tagesgeschehen.

C : Es gibt viele französische Künstler in Berlin.

KR : Ja und es gibt viele Gründe dafür, ich glaube nicht, dass die politischen Gründe hauptsächlich sind.

C : In Berlin gibt es eine Freiheit und eine Leichtigkeit für das künstlerische Schaffen.

KR : Das ist sicher. Aber man muss doch klar sagen, dass es vor allem wirtschaftliche Gründe sind, die diesen Kontext schaffen. Es ist die Leichtigkeit in Berlin Räume zu finden, Wohnungen zu finden und mit wenig zu leben, die es erlaubt, dass man länger ein Künstlerleben leben kann, als anderswo. Man ist weniger mit dem Überleben beschäftigt. Und das ist der große Unterschied.

C : Ist für Sie die soziale und politische Funktion der Musik wichtig ?

KR : Ja unbedingt, das ist sogar ausschlaggebend. Aber über die Musik als künstlerische Praxis, sind die Zusammenhänge, in denen hinaus sie gespielt, vorgestellt und getanzt wird wichtig. Die Orte des Zusammenfindens und insbesondere die Clubs der elektronischen Musik, schaffen autonome, temporäre Zonen mit ihren eigenen Regeln, die für eine bestimmte Zeit erlauben von den äußerlichen öffentlichen Räumen zu abstrahieren, die immer kontrollierter, videoüberwachter und privatisierter zu sein scheinen.

C : Das findet in den Clubs besonders statt.

KR : Der Club ist einer der letzten Räume der wirklichen Freiheit, in dem die Privatisierung, die Videoüberwachung und die soziale Eigenüberwachung nicht mehr so fasst. Das Beispiel des « Berghain » in Berlin, wo fast alles erlaubt ist , außer Fotos zu machen, beweist dass die wahre Freiheit ist zu tun was Sie wollen unter Achtung der Anderen, ohne automatisch gefilmt, fotografiert und auf Facebook gepostet zu werden. Draußen wird die kleinste Abweichung gefilmt, kommentiert, On-line gelegt und dann auf Basis, von steriler und wütender Kommentare diskutiert.
Der Glas-Kasten, den man gerade schafft, wird nicht zu einer größeren Freiheit führen.

C : Ist jedes neue Album eine Stellungnahme ?

KR : Nein. Das ist ein Inventar, zu einem bestimmtem Zeitpunkt. Ich glaube immer noch an die Musik auf einem physisches Medium, weil sie erlaubt den Prozess einzufrieren, und zu vermeiden auf dasselbe Material zurückzukehren und die Versionen zu vervielfältigen; das ist ein “Statement”, eine Momentaufnahme.

C : Ich sehe deutlich eine Entwicklung in Ihrer Arbeit, sogar einen Aufbau.

KR : Ja das ist wahr.

C : Was ich zum Beispiel in Enghien gesehen habe, faud ich sehr ausgearbeitet, sehr präzise.

C : Haben Sie zu einem bestimmten Zeitpunkt Lust gehabt einen oder mehreren Tracks mit Worte oder einen Text zu unterlegen ?

KR : Auf « Automne Fold » und auf « OR », gibt es Tracks, die gesungen oder gesprochen sind und ich habe die Texte für die meisten selbst geschrieben.

C : Ja aber auf dem letzten Album « Solens Arc », meine ich ?

KR : Es ist wahr, dass es auf diesen Album keine Worte gibt, die Stimme ist auf ihren einfachsten Ausdruck reduziert, das heißt ihren Ton.

C : Ja das hört man, und übrigens hat es mich daran denken lassen, was Sie im Museum des Quai Branly gemacht haben.

KR : Das ist richtig, man kann auf bestimmten Stücken den Einfluss der Kehlen Gesänge von der Inuits hören, abstrakte Stimmen, auf die Atmung reduziert.

C : Mathematik, Philosophie, Kunst, Grafik, definieren diese Worte Ihre musikalische, instrumentalen Arbeit ? Und wie genau ? Ist das eine Gesamtheit?

KR : Mathematik, ja ein wenig, aber letztlich weniger als andere Künstler auf raster-noton, ich habe den Eindruck dass viele viel analytischer sind als ich. Ich bin letztlich jemand, der meiste Zeit direkt auf der Textur arbeitet, ein bisschen wie ein Bildhauer, oder ein Handwerker, und viel weniger theoretisch.

C : Mehr intuitiv ?

KR : Vielleicht aber vor allem organischer.
Was die grafische Arbeit betrifft, von meiner Ausbildung her, habe ich das in den Prozess integriert ohne mir zu viele Fragen zu stellen, das ist ganz einfach: wenn ich ein Album-Cover machen muss, mache ich Grafik-Design, wenn ich ein Video machen will, mache ich das Video. Es gibt viel verbundene Dinge, die ich selbst mache, aber die da für da sind meine Hauptarbeit, die das schaffen von Musik bleibt, zu tragen oder zu kommunizieren.

C : Es handelt sich somit mehr um eine Gesamtheit und Sie machen alles ganz allein ?

KR : Ja das ist richtig.

C : Das ist ein Wille, es ist für Sie notwendig ?

KR : Ja, es gibt mehrere Gründe dafür, wirtschaftliche natürlich, aber auch weil ich diese Haltung, fast Punk, “Do-It-Yourself” mag, die die Entwicklung und Demokratisierung der Technologie erlaubt hat.

C : Ja wir sind völlig in einer solchen Zeitströmung sowieso.

KR : Einer der weiteren Gründe ist dass ich ein bisschen ein « Kontroll Freak » bin, ich versuche mich immer mehr dazu zu zwingen, bestimmte akzessorische Sachen zur Musik weiter zu delegieren, aber ich finde dass man meistens niemals besser bedient wird als von sich selbst.

C : Brian Eno hat gesagt : «Mein Künstlerleben wurde durch die Entwicklung der Technologie bedingt ». Sie erstellen Verbindungen zwischen Musik, Video und Meta-Design, finden Sie sich in dem, was er gesagt hat wieder?

KR : In meiner Karriere als Musiker habe ich den Zeitpunkt erlebt an dem alles auf Computer gewechselt ist, zwischen meinen Anfängen, wo ich begonnen habe die Musik mit einem Sampler Akai mit 32MB RAM zu produzieren, und dem Augenblick an dem Supermarktcomputer stark genug wurden, um Musik-Software laufen zu lassen.
Es ist jetzt interessant, dass ich, wie viele Leute, wieder immer mehr zur Hardware zurückkomme, es gibt Zyklen.
Ich denke dass Brian Eno noch mehr verschiedene Phasen der Entwicklung gekannt hat; er hat angefangen bevor Computer irgendetwas interessantes oder verwendbares machen konnten, er war Zeuge mehrerer aufeinanderfolgender technologischer Revolutionen.
Heute sind wir natürlich nicht am Ende der technologischen Entwicklung, aber ich würde sagen, dass es zwischen dem neuen Mac Book Pro, der gerade herauskommt und dem, der vor zwei Jahren herausgekommen ist, keine großen Unterschiede gibt, außer einer bestimmten Leistung-Steigerung die oft durch eine Erhöhung der Ressourcen der für die Software notwendigen aufgefangen wird, jedenfalls gibt es keine ganz neuen Möglichkeiten, die eröffnet werden, keine wesentlichen Veränderungen.
Dagegen ist es offensichtlich dass eine größere Demokratisierung des Zugangs zu Audio-Techniken gibt. Jeder kann eine “gehackte” Ableton Version auf einem 300€ PC installieren und direkt anfangen Musik zu machen, das ist eine wichtige positive Entwicklung, das bedeutet nicht dass die gesamte Qualität besser wird, aber mindestens ist die technologische Barriere, die existierte als ich angefangen habe, verschwunden.
Die wahre Revolution wird sich schließlich ereignen wenn man sich aufhört die Frage zu stellen, wie die Maschine funktioniert und man sich völlig auf den Inhalt konzentrieren kann, was man damit macht.

C : Wird das Album zum den 24. Februar wertig sein ?

KR : Ja endlich !
Es war ein sehr komplexes Album-Cover, eine Schattierung von grau zu grau, und damit wahrscheinlich das schwereste, um es ordentlich zu drucken.
Das wird sehr schön, sehr minimal sein.

Neues Album : « Solens Arc », den 24. Februar 2014 auf der raster-noton Label.
www.kangdingray.com
www.raster-noton.net