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KANGDING RAY

  • by C.EM
  • juillet 7th, 2013

@ Les Siestes Electroniques, Musée du Quai Branly – Paris 2013

 

Kangding Ray

Suivez le garçon…

Je suis le garçon depuis 3-4 ans maintenant  et je mesure le chemin parcouru, Kangding Ray en version hors frontières, un son différent.
Protégé du très select label berlinois d’électro minimale – Raster Noton – Kangding Ray fait une fois de plus preuve de maitrise et de créativité.

Il est allé chercher dans le fond sonore de la médiathèque du musée du Quai Branly des jeux vocaux Inuits – « jeux de gorge », des polyphonies des Pygmées de Centrafrique et du Gabon, des chœurs de percussions vocales de Bali – « Kecak », des chants de femmes Xhosa d’Afrique du Sud ainsi que les structures rythmiques des joueurs de tabla indiens.
Ces explorations l’ont donc amené à une composition électro rythmique, que je qualifierai d’électro on the groove, avec des « tracks » très travaillés. Il réussi ici une synthèse de plusieurs genres musicaux (rock, trip hop, rap) avec son univers électro.

Ça démarre bien, Kangding Ray s’impose et le résultat ne se fait pas attendre, le public des Siestes Electronique est debout. Voilà le Théâtre de verdure transformé en Dance Floor…

Cela a duré une heure…Ambiance graves de groove !

 

Simon HANTAÏ

  • by C.EM
  • juillet 7th, 2013

 Au Centre Pompidou
22 Mai – 2 Septembre 2013

 

Souvenir de l'avenir, Hantaï Simon (C) Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Adam

Souvenir de l’avenir, Hantaï Simon
(C) Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Adam

Enfin une rétrospective de cet artiste, trop méconnu du grand public, qui occupe le plus grand espace, au 6ème étage, du Centre Pompidou. 130 toiles ont été rassemblées ici par Dominique Fourcade, Isabelle Monod-Fontaine et Alfred Pacquement.

Immense, intense, sombre, vif, rythmique, Hantaï étonne.

Peu de monde, ce dimanche matin, j’en rêvais, pouvoir déambuler à mon rythme dans cette exposition et en silence…

Le début, le surréalisme 1949-1955, je retiens peinture – 1952 (don de Daniel Cordier, 1989, Centre Pompidou), 3 peintures gris – noir – 1957-1958 « Souvenir de l’avenir ». Hantaï expérimente et explore, Mariales 1960-1962, elles constituent un groupe de 27 peintures, il commence à plier la toile. Je retiens m.a.1, m.a.3, m.a.4, m.c.2, m.c.3 et m.c.6. La série m.c. est traitée différemment. Le fond de la toile a été éclaboussé de peinture noire, le pliage est différent, le rendu est beaucoup plus brut avec de grands aplats de couleur.

Plié, peint, plié, peint, les Mariales sont rythmées comme une musique, une chorégraphie.

Mariale m.a. 3, Hantaï Simon (C) Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Philippe Migeat

Mariale m.a. 3, Hantaï Simon
(C) Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Philippe Migeat

Dans les séries Catamurons et Panses 1963-1965, le pliage, les couleurs sont au centre de la toile, les bords restent vides. Je retiens Catamurons 1964 (bleu, vert sombre et noir, FRAC Limousin 1985) et Panses MM1 1965 (bleu, noir et blanc), les peintures ici présentées sont minérales et le traitement de la couleur proche des dernières Mariales comme un vitrail. Dans Panses les viscères surréalistes refont surface.

Meuns 1967-1968, des peintures monumentales où la couleur et les formes éclatent en grands fragments. Je retiens Meuns 1968, 3 peintures côte à côte, bleu, aubergine et bleu klein. Et Meuns 1968, noir et 2 bleus.

Etudes et Blancs 1969-1973, j’aime Blanc 1974, bleu, violet et vert.

1973, Hantaï peint les premières Tabulas, la façon de plier la toile devient systématique, trop systématique pour moi et donne un quadrillage. Les dernières Tabulas, les Tabulas Lilas sont des peintures plus petites, plus fragiles. Je retiens Tabula Lilas 1982, blanc sur l’ocre d’une toile légèrement préparée.
Laissées 1981-1994, Hantaï reprend d’anciennes toiles des Tabulas qu’il recadre et découpe. Les photographies d’Antonio Semararo montrent Hantaï découpant ses toiles, « La toile est un ciseau pour moi ».

Alors, un ultime sursaut de création ?

Hantaï a dit :
« Il y a quinze ans, je me suis placé en dehors. Je me suis retiré du centre, parce que vouloir se placer au centre n’a aucun sens, interdit d’avoir une vision critique. Il ne reste qu’une fonction sociale. Alors, je suis rentré dans l’atelier, sans considération du marché, librement. C’était la seule solution. Sinon la peinture devenait de la chose, du produit. » (Extrait article Ph. Dagen, Le Monde, 16/03/1998)

Films : « Des formes et des couleurs : Simon Hantaï », 1974 et « Grand portrait : Simon Hantaï ou les silences rétiniens », 1976 de Jean-Michel Meurice.
Documentaire : Conversation avec catherine Chevrier, 1998.
« Simon Hantaï : artiste peintre », Reportage de Pierre Desfons et Béatrice Caufman, avec la collaboration de Dominique Fourcade, Ina, 1981.