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L’ange du bizarre

  • by C.EM
  • juin 8th, 2013

Le romantisme noir de Goya à Max Ernst
Au Musée d’Orsay

Carlos Schwabe (1866-1926), La Mort et le fossoyeur, 1900

Carlos Schwabe (1866-1926), La Mort et le fossoyeur, 1900


In extremis je cours au Musée d’Orsay pour voir cette exposition sans trop savoir ce qui m’attend mais en sachant quand même que je devrais y croiser des œuvres de certains peintres qui m’interpellent…toujours.
D’autant plus que le XVIIIème siècle en Europe est une période charnière des plus passionnante, ce qui explique vraisemblablement pourquoi ce courant artistique (« Le romantisme noir ») à pris naissance à ce moment là.

Je vais de souvenir en surprise, comme si ma mémoire avait tout rangé, de l’extrait du film fantastique « Nosferatu – Eine Symphonie des Grauens» de Friedrich Wilhelm Murnau (maître du cinéma expressionniste allemand) – 1922, le « Sabbat des sorcières » d’Eugène Delacroix – 1832, les dessins à l’encre de Victor Hugo : « L’encre, cette noirceur d’où sort la lumière », extrait d’un poème de 1856, les paysages de Caspar David Friedrich, les 6 dessins – lithographies pour « La Tentation de Saint-Antoine » par Odilon Redon – 1889, la découverte d’un peintre belge Léon Spilliaert avec ses paysages filmiques, et pour finir avec les photographies de Brassaï, celles de la ville.

Brassaï : «  La nuit suggère, elle ne montre pas. La nuit nous trouble et nous surprend par son étrangeté ; elle libère des forces en nous qui, le jour, sont dominées par la raison. »

Quelle étrange salle d’ailleurs que cette dernière salle, qui crée un sursaut après l’atmosphère tendue du cheminement dans cette exposition, qui se présente comme un véritable laboratoire d’idées.

BOLERO création

  • by C.EM
  • juin 1st, 2013

Sidi Larbi Cherkaoui, Damien Jalet, chorégraphie
Marina Abramovic, scénographie
Durée 15min

 

© : le Figaro.fr

© : le Figaro.fr

 

J’avais moins de 5 ans et je me souviens très bien du Boléro de Ravel, chorégraphie de Maurice Béjart. Des images fortes qui sont à jamais gravées dans ma mémoire. Maurice Béjart confie le rôle central – la mélodie- tantôt à une danseuse, tantôt à un danseur. Le rythme est interprété par un groupe de danseurs.
Cette fois là, Maia Plissetskaia, danseuse étoile du Bolchoï, interprétait – la mélodie – seule sur une table.

Alors ce soir là, quelques années plus tard, je suis ressortie de l’Opéra de Paris à la fois étonnée, satisfaite et contrariée. Je voulais voir cette création, la première du chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui avec les danseurs de l’Opéra Garnier. Bien sûr il fallait que je la confronte à mes souvenirs. Et puis je voulais voir la scénographie de Marina Abramovic.

Il me reste des images, des cercles concentriques comme sur l’eau d’un lac, et étrangement des spirales comme des nébuleuses célestes, des danseurs à la technique classique parfaite mais académique, oui une transe de groupe mais où je ne retrouve pas l’énergie animale des danseurs du ballet Maurice Béjart, les miroirs de Marina Abramovic, dans lesquels j’ai envie de regarder sans cesse, ce qui m’agace, et fait que je me concentre sur ce qui se passe sur scène et enfin des costumes (de Riccardo Tisci) qui m’envoie direct dans le XVIIIème siècle, ces longues capes noires à capuches et ces longues robes virevoltantes.

La composition de ce programme, « L’Oiseau de Feu » de Béjart, suivi de « L’Après-midi d’un Faune » de Nijinski, et de « Afternoon of a Faune » de Robbins et enfin « Boléro », fait que nous ne pouvions qu’être surpris par le dernier acte et c’est presque un soulagement !

L’euphorie et l’électricité ont gagné la salle de l’Opéra de Paris où le public a applaudi à tout rompre.